La Confirmation

 
 

 I. Origine et Nature de la Confirmation

Le Sacrement de la Confirmation se trouve dans ces paroles du Christ : « Il vous est utile que je m’en aille ; car si je ne m’en vais pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si je m’en vais au contraire, je vous l’enverrai ».

 

Jésus-Christ promit la venue de l’Esprit de Dieu, pour confirmer et compléter son propre enseignement, pour le remplacer Lui-même après son départ, et parfaire l’œuvre commencée dans ses disciples.

 

Après l’Ascension, les disciples attendirent la venue de l’Esprit Saint et au matin de la Pentecôte, dès la venue de l’Esprit-Saint, ils se dressèrent en défenseurs et propagateurs intrépides de la Vérité. Puis, les Apôtres estimèrent que la Vie communiquée par le Baptême réclamait un achèvement : ils imposaient les mains aux nouveaux baptisés pour faire descendre sur eux l’Esprit-Saint.

 

En faisant ce geste, les Apôtres exécutaient les instructions de leur Maître. L’absence de textes formels, concernant le Sacrement de confirmation, dans les Evangiles n’est pas une raison de mettre en doute son institution par Jésus-Christ en personne, qui a fait descendre l’Esprit Saint une fois qu’il ait été glorifié.

 

La Mission de l’Esprit Saint chez les hommes scelle la filiation adoptive dont ils sont l’objet et porte à sa perfection la Vie divine qui leur est communiquée.

 

Le Sacrement de Confirmation réalise dans chaque baptisé ce que le feu de la Pentecôte accomplit dans les Apôtres : l’accomplissement complet d’une Vie commencée, certes mais en quelque sorte comprimée et contenue, incapable encore de donner libre cours à toutes ses expansions.

 

On pourrait penser que la vie surnaturelle inaugurée par le Baptême serait capable de se développe elle-même par la seule force du principe vital intérieur, sans qu’il soit besoin de faire appel à une nouvelle intervention du dehors ? Mais il ne faut pas oublier que cette Vie est l’œuvre de la Grâce, et mesurée par la proportion de cette Grâce.

 

Toute augmentation de Vie suppose donc une action spéciale de la Grâce, aussi bien que la naissance même. Dès lors moins nécessaire que le Baptême (car il est plus essentiel de vivre que de grandir), la Confirmation est plus importante par certains aspects puisqu’elle apporte une Grâce supérieure. Et cependant la Confirmation suppose le Baptême et ne saurait le suppléer ni le devancer.

 

 

II. Les Rites de la Confirmation

 

1. La Matière

 

Le Chrême, qui signifie « Onction » est un composé d’huile et de baume et symbolise la force et le rayonnement.

Cette matière est un signe sacramentel. L’huile évoque la douceur ; et l’usage qu’en font les athlètes pour revigorer et assouplir leurs muscles fait songer à la robustesse et à la résistance. Le baume, substance incorruptible au parfum pénétrant exprime l’idée d’intégrité et d’action.

 

Ce signe correspond à la nature et aux effets de la Confirmation. Si ce sacrement procure la croissance spirituelle et une certaine plénitude de la Vie divine, cela veut dire que le Confirmé se montrera fort et courageux dans l’exercice de sa Foi chrétienne, qu’il saura se garder de toute déchéance et répandre autour de lui la bonne odeur de ses vertus.

 

Il est requis que ce mélange constituant le Chrême soit consacré par l’Evêque. Par cette consécration, l’Evêque, au nom de Jésus-Christ, s’empare de cette substance et en fait l’instrument de la Grâce, qui lors de son application, deviendra le « véhicule de l’Esprit-Saint ».

 

2. La Forme

 

« Je vous marque du signe de la Croix, et vous confirme par le Chrême du salut, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».  Ces paroles sont prononcées par l’Evêque au moment où il trace un signe de Croix sur le front ; elles constituent la Forme essentielle du Sacrement.

 

Cette formule désigne La Trinité Sainte qui intervient par l’intermédiaire de son ministre. Le but de cette Grâce nouvelle est d’apporter au chrétien une aide en vue de son salut. L’effet spécial de ce Sacrement est la préparation au combat puisque le Confirmé se voit imposer à suivre et défendre la Croix instrument de la victoire du Christ.

 

Parfois, l’Evêque peut frôler la joue du confirmé en lui disant : « Que la paix soit avec vous ! ». Certains interprètent ce geste comme un avertissement de se tenir prêt à subir toutes sortes d’affronts. D’autres y voient une marque de bienveillance et un signe d’accueil, une tape amicale qui tiendrait lieu d’un baiser de paix. L’une comme l’autre de ces explications peut être retenue. 

 

 

III. Le Sujet de la Confirmation

 

Le Baptême postule la Confirmation, comme la naissance appelle la croissance. Tout baptisé devient sujet de la Confirmation, sans qu’il ne soit besoin de mettre un délai déterminé entre ces deux Sacrements.

 

Au cours des premiers siècles, les catéchumènes recevaient le Sacrement de Confirmation immédiatement après le Baptême. Depuis que l’usage s’est généralisé de baptiser les nouveau-nés, on a coutume de différer la Confirmation au seuil de l’adolescence, appelé « âge de discrétion ». L’enfant doué de discernement peut alors apporter, dès la réception de ce Sacrement, la coopération personnelle qui assure à la Grâce toute son efficacité. Mais dans tout le cours de la vie, sans excepter l’heure de la mort, l’obligation, subsiste pour tout baptisé de recevoir le Sacrement de Confirmation, que nul ne peut dédaigner sans se rendre coupable de péché.

 

Le Confirmé est assisté d’un Parrain ou d’une Marraine. Ceux-ci ne répondent pas à la place de l’enfant, mais par leur présence aux côtés de ce jeune chrétien et par un geste significatif – la main posée sur l’épaule -, ils le présentent à l’Evêque et s’engagent à le prendre en charge et à compléter son instruction.

 

 

 IV. Le Ministre de la Confirmation

 

C’est ordinairement l’Evêque. La Confirmation étant un achèvement de la Vie spirituelle, il convient qu’elle soit conférée par l’Evêque, seul pourvu de la plénitude du Sacerdoce, en faisant figure de Chef dans l’Eglise. On trouve cette mention dans les actes du Pape Urbain Ier, dès le IIIème siècle.

 

Néanmoins, vu le petit nombre des Evêques, et l’étendue des territoires confiés à leur charge pastorale, les chrétiens se heurteraient à des difficultés pour recevoir ce Sacrement, afin de parer à cet inconvénient, l’Eglise délègue parfois un simple prêtre pour suppléer l’Evêque dans l’administration du Sacrement de Confirmation.

 

Et pour faciliter la réception de ce Sacrement, l’Eglise étend à tous les jours de l’année cette cérémonie qui primitivement était fixée aux seules époques de Pâques et de Pentecôte.

 

Pareillement le jeûne, prescrit pour la Confirmation cesse d’être une obligation, surtout si le Sacrement ne peut être reçu qu’à une heure avancée de la journée.

 

 

V. Les Effets de la Confirmation

 

1. Le Caractère

 

Accomplissant, pour le Baptisé, le passage de l’état d’enfance à l’état adulte, la Confirmation doit reproduire un peu dans chaque chrétien la transformation signalée chez les Apôtres du Christ au jour de la Pentecôte.

 

Du simple vivant, elle fait un militant, du faible un fort, du timide un intrépide. C’est le Caractère particulier et définitif dont elle marque le Chrétien. On dit qu’il est « Soldat du Christ » : sous l’étendard de la Croix, muni des armes de l’Apôtre – le casque du salut, le bouclier de la Foi, le glaive de la parole divine – il doit soutenir le bon combat pour protéger la Vie spirituelle en lui-même et dans l’âme de ses frères, et se dévouer à l’expansion du règne de Dieu. En vrai soldat, il est prêt à la suite de son Chef, au sacrifice du sang. La Confirmation est une semence de martyrs.

 

De même que le Caractère baptismal fait des citoyens du Royaume de Dieu, celui de la Confirmation fait des combattants. Ce Sacrement n’est pas l’apanage d’une élite mais tout chrétien doit être mobilisable pour les combats de la Foi.

 

 

2. La Grâce sacramentelle

 

« Tandis que le corps reçoit l’onction visible, l’Esprit-Saint vivifie et transforme l’âme ». « La Grâce qu’apporte ce sacrement complète, affermit et augmente la Grâce du Baptême ».

 

Ces perfectionnements se sont surtout les Dons du Saint-Esprit. A vrai dire, le Baptisé en jouit déjà du seul fait qu’il possède la Vie surnaturelle. Mais alors que les Vertus sont appelées à se développer par l’exercice requérant de l’effort humain, les Dons ne peuvent s’augmenter que si le Donateur les accorde. C’est précisément ce qu’Il fait en ajoutant à la Grâce du Baptême, celle de la Confirmation. A une première effusion, succède la plénitude des Dons, qui parfait la ressemblance du chrétien avec le Christ.

 

Ces Dons sont « l’Esprit de Sagesse et d’Intelligence, Esprit de Conseil et de Force, Esprit de Science et de Piété, Esprit de Crainte du Seigneur ». Ces Dons indiquent que l’Esprit de Dieu vient au secours des diverses facultés de l’âme humaine, intelligence, volonté, liberté, cœur pour soutenir leur exercice et suppléer à leurs déficiences. Et les sept Dons du Saint-Esprit correspondent également aux sept Vertus qu’ils complètent et perfectionnent.

 

Libre à Dieu, d’accorder cette Grâce de la Confirmation sans recourir au ministère de l’Evêque et en dehors du caractère sacramentel. Il le fera en faveur des âmes droites et de bonne volonté qui sans négligence de leur part, auront été privées du Sacrement, tout comme Il justifie parfois certains hommes en raison du seul Baptême de désir.

 

Mais cette possibilité ne doit pas faire dédaigner le Sacrement de Confirmation : agir ainsi serait pratiquement déclarer qu’un Sacrement est superflu et que Dieu impose des obligations inutiles.

In Initiation à la Théologie

de Saint Thomas d'Aquin

R. P. Raphaêl Sineux O. P.

Desclée et Cie 1979

 
 
 
 

L'Abbé Eric HERTH

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