Aux Ecoutes de Dieu :

le silence monastique

P. M. Bruno

Imprimerie de l’Est, 1952

 

Pour écouter, il faut se taire…

Il faut apprendre à faire silence pour écouter Dieu.

 

Première partie : les fondements du silence

 

Définitions

Le verbe silere signifie « ne faire aucun bruit, rester calme, être en repos, inactif ». Il a un sens plus large que tacere qui signifie s’arrêter de parler, ne souffler mot. Le premier sens indique le silence naturel des choses, le second celui des hommes, conscient et voulu. Les mots français « taire », « se taire », « tacite » viennent de ce terme tacere. Mais il faut noter que l’adjectif taciturne ajoute à ce terme en français une note péjorative inconnue du latin classique.

Le silence est l’état de celui qui se tait, qui s’abstient de parler ; ou le comportement de qui s’abstient de faire connaître sa pensée ; ou encore l’absence de bruit, de tumulte, le calme total ; ou enfin il a le sens de « mystère ou de secret ».

Le silence est avant tout un acte (le fait de se taire, de ne pas prononcer de paroles) ; mais il peut aussi être une habitude (la « Taciturnité » selon St Benoit) : c’est alors l’habitude de dire ce qu’il faut, où et quand il le faut, de la manière qu’il faut. Cette Taciturnité comporte une mesure dans l’usage de la parole. Elle s’oppose au mutisme qui est le défaut total de la parole et au bavardage qui en est l’excès.

Le silence est une vertu spéciale, partie de la tempérance.

Le silence doit s’apprécier par rapport au langage. Paradoxalement, le langage ne saurait exister sans silence : pour être comprise, la personne entoure son discours de silence. L’auditeur s’il veut comprendre, doit aussi se taire et réfléchir. Ainsi, le sage écoute beaucoup et parle peu, en peu de mots, longuement médités et lentement exprimés. Tandis que le frivole se grise de paroles creuses. Finalement ce qu’il y a de plus important dans la conversation, c’est le silence. Parole et silence sont la condition nécessaire des communications de l’homme avec autrui. En Dieu, parole et silence s’identifient sans se succéder ni se contredire.

 

Le silence de Dieu : en lui-même

L’Ecriture nous dit que Dieu parle et qu’Il se parle à lui-même en son intérieur. Cette Parole, c’est son verbe éternellement engendré, son Fils unique. Parole absolument pure et parfaite, parce qu’Elle est exhaustive. Le Silence est l’atmosphère de Dieu. On peut parler du Silence de Dieu, en ce sens que le Verbe exprime Dieu seul.

 

La Parole de Dieu dit ce qu’il faut (Dieu seul), où et quand il le faut (partout et éternellement), de la manière qu’il faut (parfaitement). Dieu est, parle et agit infiniment au-dessus de tout le créé.

De même, l’Esprit Saint est silence : il est un Soupir, un Souffle. Le Saint-Esprit est Amour. Voilà pourquoi Il est Silence.

Il nous faut donc imiter le Père, modèle du parfait silence. Nous le pouvons en parlant peu : en disant avec peu de mots le plus de choses possibles. L’âme en arrive alors à ne voir que Dieu en tout, à ne s’occuper que de Lui : à ne parler qu’à Lui ou que de Lui. Ce silence de l’âme est l’aide que nous prêtons à Dieu pour qu’Il se communique à nous. C’est dans le silence et le repos en Dieu que progresse l’âme chrétienne.

 

Le silence de Dieu dans ses œuvres

Voici que Dieu sort de Lui par Bonté et fait exister à partir du néant des multitudes d’êtres. Dans l’acte créateur Dieu parle peu. Il dit « que la lumière soit… », « qu’il y ait un firmament entre la terre et le ciel… »… Puis Dieu crée l’homme : son corps à Son image et son âme qui vient du cœur même de Dieu, œuvre d’amour, issu du Souffle silencieux. 

Dieu ne se contente pas de créer. Il conserve dans l’existence : les astres se meuvent, les êtres animés vivent… Dieu voit, sait avant toute chose et se tait. Il regarde l’homme agir et attend patiemment et en silence sa conversion.

Parmi les créatures, Dieu en a choisi pour une mission plus haute : les Patriarches, les Prophètes, les Apôtres. Tous ont été préalablement soumis à la loi du silence et de la solitude. Enfin, l’Amour incarné a plus besoin de silence que l’Amour créateur : c’est par la Vierge, ignorée et cachée que l'Amour s’est incarné.

Dieu continue à agir aujourd’hui dans le silence à travers la Consécration Eucharistique. Par sa présence eucharistique, le Christ reste avec nous, Verbe sans parole. Ainsi les âmes profondes, les âmes vraiment contemplatives aiment à s’entourer de silence pour laisser le Tout-Puissant agir librement dans leur cœur. 

 

Le silence des créatures

Le Dieu de paix et de calme communique à ses créatures quelque chose de son immuable tranquillité. Quand l’homme ne vient pas la souiller de sa présence bruyante et de son action désordonnée, la nature laissée à elle-même, la nature vierge se tait. Et la nature animée, elle aussi se meut dans le silence : la sève monte, l’arbre bourgeonne, le cœur bat, le sang circule… La vie bien ordonnée s’accompagne toujours de silence.

De même la créature glorifiée ne pourra que se taire devant Dieu.

 

Les âmes contemplatives, celles qui se nourrissent de la pensée habituelle de Dieu sont inévitablement silencieuses. Et le silence à son tour, favorise et approfondit leur contemplation.

 

Le silence de nos modèles

La vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ est silence : le Verbe enfant est silence et obéissance. Le silence, chez le Christ, est prédominant, parce que la vision de la Face de son Père, qui le détermine, l’emporte sur toutes les autres. L’obéissance est de chaque instant, puisque le Christ est venu d’abord pour faire la volonté du Père. Puis Jésus se retire au désert, lieu de solitude, de prière et de pénitence. Au cours de sa vie publique, après avoir accompli toutes sortes de miracles, Jésus se retire sur la montagne pour prier ; la Résurrection a lieu sans témoin et la Transfiguration s’accomplit sur une montagne en un lieu solitaire, au milieu d’une prière silencieuse. Enfin, la Passion du Christ se résume par ces quelques mots : « Jésus se taisait ». La Passion se déroule dans le silence.

La Très Sainte Vierge Marie a aussi eu une vie cachée à Nazareth et conservait tout ce qu’elle entendait et voyait dans son cœur.

Saint Joseph enfin est le plus caché de tous les saints, le plus silencieux de tous les hommes. En se taisant, il a permis à Dieu de parler. Et quand Dieu parle, tout s’éclaire, tout s’apaise. 

 

Deuxième partie : avantages et bienfaits du silence

 

Le silence mal compris : le mutisme

Il convient d’apprendre à parler quand il le faut, en disant ce qu’il faut et comme il le faut.

On peut pêcher contre le silence aussi bien par excès que par défaut : de celui qui parle trop et de celui qui ne dit jamais rien, il n’est pas facile de déterminer quel est le plus répréhensible. Si le bavardage du premier est importun, la présence inerte du second est un poids bien lourd pour ses voisins.

Ceux qui ne savent pas parler quand ils le doivent sont entraînés à juger, critiquer et condamner sans cesse le prochain : leur mutisme est mépris ou désapprobation d’autrui. Ceux, qui se murent dans un tel mutisme, s’aigrissent : ils risquent de ne point pratiquer la charité fraternelle et se privent d’un stimulant précieux puisque l'échange de paroles peut être source de lumière et de consolation.

 

Les silences pervers

Les sources de ce mauvais silence sont la rancune (le ressentiment obstiné ou la colère froide font beaucoup de mal car le silence est ici prémédité : c’est un silence lourd qu’on ne peut attaquer puisqu’il ne donne aucun signe extérieur d’agression ; il peut venir de la haine, d’un manque de charité ou d’une dureté de cœur) ; la lâcheté (le fait de se taire par manque de courage : la crainte de s’attirer des ennuis, de se faire remarquer ou de se compromettre, la crainte du ridicule) ; la complicité (œuvrer avec la puissance des ténèbres).

Le démon muet détermine alors dans les âmes un triple mutisme : le mutisme pour la prière (le démon qui veut perdre une âme l’empêche de prier) ; le mutisme pour les devoirs de charité (le démon par le silence empêche la correction fraternelle) ; le mutisme pour l’aveu de ses fautes (la confession commande de savoir s’accuser de ses fautes).

Prions donc que Dieu nous accorde l’esprit de prière et de louange, l’esprit de charité et de justice, l’esprit d’humilité et de confiance.

 

Méfaits du « trop parler », bienfaits du « breviloquium » (du « parler peu »)

Quels sont les méfaits qu’entraîne le fait de trop parler ? Pourquoi est-il bon de « ne pas aimer à parler beaucoup » ? L’abondance de paroles produit du bruit et le bavard provoque un triple dommage : il n’écoute personne ; personne ne l’écoute ; il ne réfléchit pas et s’expose au péché (au mensonge, à la vaine gloire, à la médisance, à la calomnie, à la moquerie, aux indiscrétions, aux disputes).

Saint Bonaventure écrivait : « que l’homme soit prudent et réservé dans ses paroles, comme l’avare l’est pour son argent. (…) Le vrai religieux cache le trésor de son cœur en parlant rarement, en ouvrant la bouche uniquement par nécessité ou pour un motif utile, et lorsqu’il peut terminer une affaire en peu de mots, il ne se jette pas dans des discours superflus ».

Cette surveillance de la langue confère à la parole un poids et une influence considérables. Car la parole est une chose bonne : communication de la pensée, révélation de l’âme, si elle est mise au service d’une intelligence droite et d’un cœur généreux. Sur les lèvres de l’apôtre, n’est-elle pas l’expression de Dieu même ? Mais pour obtenir un pareil résultat, il faut que cette parole sorte d’un long silence et s’exprime en peu de mots. Ce breviloquium mène peu à peu au silence intérieur et à l’intimité de Dieu.

 

Il convient donc d’apprendre le silence extérieur et intérieur car le silence est un moyen pour trouver Dieu (trouver sa volonté, sa Parole et sa présence), pour retrouver nos âmes (contempler Dieu, faire oraison) et retrouver les âmes (voir le prochain avec le regard même de Dieu et développer la charité).

 

Ce silence, la Vierge Marie l’a pratiqué et nous pouvons lui adresser cette prière : « Sainte Vierge Marie, qui avez poussé la fidélité au silence jusqu’à l’héroïsme, apprenez-moi à aimer (le silence). Apprenez-moi à me taire chaque fois que le silence vaudra mieux que la parole. O vous qui avez su conserver toutes choses dans votre cœur, gardez mon âme dans le recueillement ; développez en moi le goût de la solitude intérieure, non pour m’y complaire mais pour y puiser à votre exemple, auprès de l’Hôte divin de mon âme, les lumières et les énergies dont j’ai besoin pour réaliser ce qu’Il attend de moi au Service de sa Gloire. Amen ».

 

Troisième partie : pratique du silence

Nécessité d’une technique

Se taire quand il ne faut pas parler ; parler quand il le faut, comme il le faut ; dire tout ce qu’il faut et rien de plus, le dire dans le temps, le lieu et la manière qui conviennent à tous et à chacun, mais c’est une des choses les plus difficiles ! Le Saint Esprit nous avertit : « il est plus facile de dompter les animaux fougueux que de bien régler sa langue ». Il existe donc une technique du silence.

 

Diverses formes de silence et leur pratique

Il existe deux grandes divisions du silence : le silence extérieur et le silence intérieur. L’un est situé sur le plan corporel et sensible et l’autre sur le plan spirituel et intime. Il s’agit d’obtenir le calme et la sérénité afin que la personne, tout entière corps et âme se tourne vers Dieu pour L’écouter et faire un seul esprit avec Lui.

Le silence extérieur est subordonné au recueillement intérieur. Il prend diverses formes. Le silence naturel ou humain : ce silence peut être involontaire et subi (comme le silence dans la maladie qu’il faut alors accepter, utiliser et offrir : un silence dans l’épreuve de laquelle la personne découvre la Sagesse et la Bonté de Dieu) ; ce silence peut aussi être volontaire et choisi (le silence permet alors de ne parler que promptement et utilement sans précipitation). Le silence surnaturel ou chrétien qui entoure les cérémonies liturgiques, la prière mentale et les Adorations. Le silence religieux et monastique est celui pratiqué par les Instituts ou Ordres contemplatifs.

 

La pédagogie du silence 

La pédagogie du silence, c’est l’observation patiente et pénétrante de l’enfant laissé à lui-même, dans la fraîcheur de sa vie instinctive et l’utilisation de cette expérience en vue de notre formation morale. Le Christ lui-même invite à devenir comme des petits enfants. De même, on trouve cette invitation dans les Psaumes : « Mon âme est dans le calme et le silence, comme un enfant rassasié sur le sein de sa mère » (Ps 130).  Il faut être grand pour devenir petit de cette manière. Il faut avoir connu les angoisses de la croissance spirituelle pour pouvoir se reposer en Dieu.

Il existe plusieurs instruments pour atteindre le Silence. Mais le grand facteur de la perfection, c’est la volonté. Si l’on veut obtenir le parfait silence, il faut donc sans cesse y penser. C’est par la méditation quotidienne que s’entretient l’effort qui soulève le désir, la passion sans quoi rien de grand ne se fait.

1er instrument : l’oraison.

Le silence n’est pas un acte de pénitence mais un besoin vital, une habitude divine. L’âme s’arrête et contemple. L’oraison consiste au moins autant à écouter Dieu qu’à Lui parler. Il convient de rester dans ce silence, Le porter comme un trésor à travers toutes les préoccupations de la journée : fuir le bruit, se taire, se reposer en Dieu en demandant l’Esprit de Silence.

Il est aussi possible de prier pour connaître le Silence : par exemple méditer et prier le Chapelet des Cinq Silences de la Très Sainte Vierge :  le Silence de l’Incarnation : silence d’humilité et d’abandon / le Silence de Noël : silence de joie, de reconnaissance et de contemplation / le Silence au pied de la Croix : silence de douleur et d’acceptation généreuse / Le Silence de la Résurrection : silence de foi épanouie, d’adoration / Le Silence de la Pentecôte : silence de consommation dans la plénitude.

2ème instrument : l’examen.

Dans l’oraison, nous acquérons la conviction de l’importance du silence et de sa dignité, nous prenons la résolution d’y être fidèle, mais c’est dans l’examen que nous voyons ce qu’il faut faire, ce que nous avons fait, négligé ou perfectionné. Cet examen doit revêtir trois qualités : intelligence (savoir distinguer ce qui est essentiel de ce qui est accessoire), discrétion (en y prenant plaisir à force de bien le faire) et méthode.

Cette méthode est composée de trois actes distincts : un acte de prévision posé en début de journée (l’examen de prévoyance) de manière attentive, volontaire et dans la prière ; un acte de contrôle posé au milieu du jour (l’examen particulier) : se souvenir des fautes commises ; un acte de redressement qui consiste à reconnaitre les succès obtenus, à éprouver de la contrition pour les manquements et à s’affliger une pénitence.

3ème instrument : L’exercice.

Pour acquérir une habitude vertueuse, il faut en répéter les actes, s’y entraîner. Cet exercice du silence trouve ses fondements dans les 7 Vertus : religion, vérité, discrétion, prudence, Justice et charité, Humilité, Patience.

Le Sceau de la Religion : elle consiste dans l’estime, le respect et le culte dus à Dieu (la crainte révérencielle pour parler de Dieu et Le nommer), aux choses de Dieu (à la Parole de Dieu qui ne doit pas servir à un usage profane comme à des allusions inconvenantes ou à des jeux de mots) et aux hommes de Dieu (les Saints et ceux qui tiennent la place de Dieu).

Le Sceau de la Vérité : éviter de blesser la vérité en disant le contraire de ce qu’on sait ou croit être la vérité, en niant ce qui est, en exagérant ou diminuant ce qui est ou en affirmant comme certain ce qui est douteux ou probable (la précipitation du jugement).

Le Sceau de la Discrétion : discerner les choses qu’il ne faut pas dire, celles qu’on peut dire et dans le doute apprendre à s’abstenir.

Le Sceau de la Prudence : la prudence commande de taire ce qui pourrait étonner ou scandaliser les faibles.

Le Sceau de la justice et de la Charité : taire ce qui peut léser la réputation d’autrui et les bons rapports.

Le Sceau de l’humilité : éviter avec soin toute parole tendant directement ou indirectement à nous faire estimer, à nous faire louer, à nous faire préférer.

Le Sceau de la Patience : Les grandes douleurs sont souvent tues, elles sont muettes. Mais il faut apprendre à taire les petites irritations de la vie quotidienne : apprendre à ne pas se plaindre, à ne pas se faire plaindre, à ne pas être consolé, à ne pas s’excuser.  

Ce travail de formation au silence serait vain et inefficace sans un climat favorable. L’esprit de silence et sa pratique supposent l’esprit de famille. Il faut un degré assez élevé d’intimité et de compréhension mutuelle entre personnes vivant ensemble pour que le silence ne soit pas trop pesant. Dans un salon mondain, maîtres de maison et visiteurs s’efforcent d’entretenir à tout prix la conversation, afin d’éviter le froid glacial qui accompagne son interruption. Entre amis au contraire, le silence ne rompt pas l’entretien, ne donne aucun sentiment de vide ; bien mieux il est un des charmes de leur rencontre. Les âmes continuent de se sentir voisines : elles se parlent encore et se comprennent mieux que par le langage.

On remarque aussi dans la famille unie, la simplicité et la sobriété des communications réciproques : pas besoin de circonlocutions, de précautions oratoires compliquées ni de formules protocolaires. On se dit en quelques mots ce qu’on a à se dire, et tout le monde est satisfait. Par contre si l’union vient à s’affaiblir, on voit apparaître la gêne, la contention, les explications interminables, coupées de mutismes obstinés. On s’éloigne du vrai silence, la parole devient un instrument de supplice et la maison un enfer.

Finalement, ce qui accompagne le silence et le rend incritiquable, c’est le sourire : argument irrésistible, indiscutable, imbattable ! Sans le sourire, le silence est à charge. Avec lui, il devient agréable aimable : on a envie de le garder. Le silence, à son tour, permet de garder la joie : il est même un signe de joie intérieure. L’âme contente de tout est paisible et silencieuse.

 

Silence et vie intérieure – les douze degrés du silence

Le silence extérieur n’est qu’un moyen pour parvenir à celui de l’âme, sans lequel il ne serait rien. Pour parvenir au silence intérieur, nous pouvons gravir les douze degrés du Silence :

Le silence de la parole : parler peu aux créatures et beaucoup à Dieu, ne faire servir ma langue qu’aux paroles nécessaires, vraiment utiles dans les lieux avec les personnes et de la manière convenables et préférer me taire chaque fois que la parole n’est pas meilleure que le silence.

Le Silence dans le travail et dans les mouvements : silence dans l’action, c’est-à-dire dans la démarche, les regards, les mouvements… rechercher la modestie dans le regard et l’attitude et silence de l’action, c’est-à-dire arrêter le besoin inconsidéré d’activités qui se ferait au détriment de la prière.

Le Silence de l’imagination : faire reposer l’imagination en Dieu en lui donnant des objets convenablement appropriés : les beautés du ciel, les charmes du Seigneur, les scènes du Calvaire…

Le Silence de la mémoire : ne pas se souvenir de ce qui trouble la paix et la charité de l’âme mais se souvenir de Dieu et de ce qui en Dieu réjouit le plus le cœur et ranime l’espérance, se souvenir du bien du prochain (dons, qualités, vertus, actions louables, services rendus, preuves de bonne volonté..).

Le Silence aux créatures : l’âme attentive se surprend à converser intérieurement avec les autres ou avec elle-même pouvant la conduire à parler seul voire elle fait parler Dieu ou attend un signe. Certes les paroles contenues dans les livres saints nous sont destinées mais ne faisons pas dire à Dieu des choses indignes de Lui.

Le Silence du cœur : se détourner du sensible, de toutes antipathies, sympathies et désirs pour se tourner vers Dieu, pour que l’amour de Dieu seul soulève l’âme.

Le Silence de l’humilité : reconnaître que tous les bienfaits reçus ne viennent que de Dieu seul.

Le Silence de l’esprit : faire taire les pensées inutiles comme agréables pour leur substituer les pensées d’En-haut : Dieu seul en vue, atteint par la Foi seule.

Le Silence du jugement : ne pas prononcer de verdict contre le prochain pour ne pas être jugé par Dieu.

Le Silence de la volonté : accepter le bon vouloir de Dieu en faisant ce que Dieu commande.

Le Silence avec soi-même : se laisser oublier, se taire avec soi-même, se laisser seul avec Dieu. Ce silence est celui de la simplicité : l’âme n’envisage plus ses actions, ses bonnes œuvres, sa perfection par rapport à elle, mais elle voit tout cela par rapport à Dieu, comme des choses qui viennent de Lui, qui Lui appartiennent, et dont Il peut disposer à son gré.

Le Silence avec Dieu : silence dans l’oraison qui est une conversation affectueuse avec Dieu. Qui dit conversation, dit alternance de paroles et de silences. Si on parle les deux à la fois, on ne s’entend pas. Il faut donc parler à Dieu, mais aussi se taire pour qu’il puisse parler.

Or il arrive un moment où l’âme a dit à Dieu tout ce qu’elle pouvait lui dire : son adoration, son amour, ses désirs, ses repentirs, ses peines et ses joies, enfin tout ce qu’on peut dire à son Père dans un colloque tout intime. Dieu connait maintenant de sa bouche tout ce qu’il en savait déjà par sa Science infiniment pénétrante. Elle ne sait presque rien de Lui. Elle a tout à apprendre. Ses méditations, ses lectures, les instructions doctrinales, la Sainte Ecriture, la Liturgie lui ont apporté successivement leurs lumières sur Lui, et elle sent qu’Il est infiniment au-dessus de tout cela. Non vraiment elle ne Le connait pas, il reste plus que jamais le « Dieu caché » (…) Ce n’est que dans un silence complet (…) que Dieu peut se deviner. Alors Dieu fait passer directement de son Cœur Sacré dans le cœur de sa bienaimée les flammes de sa charité. C’est un véritable cœur à cœur, car les cœurs sont en contact direct et immédiat. Le langage que Dieu entend le mieux n’est que le silence d’amour. (…)

Faire silence avec Dieu, c’est se complaire en la perfection de son être, c’est approuver ses œuvres, dire oui à ses volontés, s’offrir à Lui, s’anéantir devant Lui, « se reposer en Lui. C’est le silence de l’éternité. C’est l’union de l’âme avec Dieu ».

Seul l’Esprit Saint peut nous mettre en rapport direct avec Dieu. La véritable oraison est celle où Dieu s’aime en nous, ou c’est Lui qui, tantôt entretient de part et d’autre la conversation, et tantôt plonge les deux interlocuteurs dans le divin silence où l’unité ne connaît plus d’ombre.

Certes nos oraisons journalières ne sont pas toujours fructueuses mais au regard de la foi, c’est le témoignage de notre estime pour cette œuvre de l’Esprit-Saint, c’est la preuve de notre ferme vouloir d’atteindre ce sommet où Dieu seul peut nous hisser.

Il est alors rare que Dieu ne réponde pas dès ici-bas aux humbles efforts de cette âme qui a appris à se taire : Dieu se laisse toucher et se manifeste à elle.

 
 
 

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