La prière de Jésus 

Catéchèses

de Benoit XVI

(I - II - III - IV - VVI -

VII - VIII - IXX)

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La Prière de Jésus

Audience générale

du mercredi 30 novembre 2011

"Je voudrais commencer à tourner notre regard vers Jésus, vers sa prière, qui traverse toute sa vie, comme un canal secret qui irrigue l’existence, les relations, les gestes et qui le guide, avec une fermeté progressive, vers le don total de soi, selon le projet d’amour de Dieu le Père. Jésus est le maître également de nos prières, Il est même notre soutien actif et fraternel chaque fois que nous nous adressons au Père. 

(…) Dans la prière, Jésus vit un contact ininterrompu avec le Père pour réaliser jusqu’au bout son projet d’amour pour les hommes.

(…) Dans notre prière aussi, nous devons apprendre, toujours davantage, à entrer dans cette histoire du salut dont Jésus est le sommet, renouveler devant Dieu notre décision personnelle de nous ouvrir à sa volonté, Lui demander la force de conformer notre volonté à la sienne, dans toute notre vie, en obéissance à son projet d’amour pour nous.

(…) et moi, comment je prie ? Comment prions-nous ? Combien de temps je consacre à ma relation avec Dieu ?

(…) Ecouter, méditer, observer le silence devant le Seigneur qui parle est un art, qui s’apprend en le pratiquant avec constance.

Aujourd’hui les chrétiens sont appelés à être des témoins de prière, précisément parce que notre monde est souvent fermé à l’horizon divin et à l’espérance qui conduit à la rencontre avec Dieu. 

C’est même en parcourant la voie de la prière, sans considération humaine, que nous pouvons aider les autres à la parcourir : pour la prière chrétienne aussi, il est vrai que c’est en cheminant que s’ouvrent des chemins.

Chers frères et sœurs, éduquons-nous à une relation intense avec Dieu, à une prière qui ne soit pas occasionnelle, mais constante, pleine de confiance, capable d’éclairer notre vie, comme nous l’enseigne Jésus. Et demandons-Lui de pouvoir communiquer aux personnes qui nous sont proches, à ceux que nous rencontrons sur notre route, la joie de la rencontre avec le Seigneur, lumière pour notre existence".

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La prière de Jésus 

Audience générale

du mercredi 7 décembre 2011 

"Les évangélistes Matthieu et Luc (cf. Mt 11, 25-30 et Lc 10, 21-22) nous ont transmis un «joyau» de la prière de Jésus qui est souvent appelé Hymne de jubilation ou Hymne de jubilation messianique. Il s’agit d’une prière de reconnaissance et de louange.

(…) L’expression par laquelle Jésus commence sa prière contient donc le fait qu’il reconnaît jusqu’au bout, pleinement, l’agir de Dieu le Père, et en même temps, le fait d’être totalement, consciemment et joyeusement d’accord avec cette façon d’agir, avec le projet du Père. L’Hymne de jubilation est le sommet d’un chemin de prière où apparaît clairement la communion profonde et intime de Jésus avec la vie du Père dans l’Esprit Saint et où se manifeste sa filiation divine.

(…) Dans l’Hymne de jubilation, comme dans toute sa prière, Jésus montre que la vraie connaissance de Dieu présuppose la communion avec lui: c’est seulement en étant en communion avec l’autre que je commence à le connaître; il en est ainsi avec Dieu aussi: c’est seulement si j’ai un vrai contact, si je suis en communion, que je peux aussi le connaître.

(…)  «Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel» : avec le Christ, et dans le Christ, nous aussi nous demandons à entrer en harmonie avec la volonté du Père, en devenant ainsi nous aussi ses enfants.

(…) Chers frères et sœurs, nous avons goûté pendant un moment la richesse de cette prière de Jésus. Nous aussi, par le don de son Esprit, nous pouvons nous adresser à Dieu, dans la prière avec la confiance des enfants, en invoquant le nom du Père, «Abba». Mais nous devons avoir le cœur des petits, des « pauvres de cœur » (Mt 5, 3), pour reconnaître que nous ne sommes pas auto-suffisants, que nous ne pouvons pas construire notre vie tout seuls, mais que nous avons besoin de Dieu, nous avons besoin de le rencontrer, de l’écouter, de lui parler. La prière nous ouvre à la réception du don de Dieu, sa sagesse, qui est Jésus lui-même, pour accomplir la volonté du Père sur notre vie et trouver ainsi le repos dans les peines de notre chemin".

 

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La prière de Jésus 

Audience générale

du mercredi 14 décembre 2011

"Je voudrais réfléchir aujourd’hui avec vous sur la prière de Jésus liée à sa prodigieuse œuvre de guérison.

Le point central de cet épisode est le fait que Jésus, au moment d’opérer la guérison, cherche directement sa relation avec le Père. Le récit dit en effet que «les yeux levés au ciel, il soupira» (v. 34). L’attention au malade, le soin de Jésus pour lui, sont liés à une profonde attitude de prière adressée à Dieu.

(…) En lisant ce récit, chacun de nous est appelé à comprendre que dans la prière de requête au Seigneur, nous ne devons pas nous attendre à un accomplissement immédiat de ce que nous demandons, de notre volonté, mais nous confier plutôt à la volonté du Père, en lisant chaque événement dans la perspective de sa gloire, de son dessein d’amour, souvent mystérieux à nos yeux. C’est pourquoi, dans notre prière, la requête, la louange et l’action de grâce devraient se fondre ensemble, même lorsqu’il nous semble que Dieu ne répond pas à nos attentes concrètes. S’abandonner à l’amour de Dieu, qui nous précède et nous accompagne toujours, est l’une des attitudes de fond de notre dialogue avec Lui.

(…) Le Donateur est plus précieux que le don accordé. (...) Avant que le don ne soit donné, adhérer à Celui qui donne. (...) Pour nous aussi, par conséquent, au-delà de ce que Dieu nous donne lorsque nous l’invoquons, le don le plus grand qu’il peut nous offrir est son amitié, sa présence, son amour. Il est le trésor précieux à demander et à garder toujours.

(…) Par sa prière, Jésus veut conduire à la foi, à la confiance totale en Dieu et dans sa volonté, et il veut montrer que ce Dieu qui a tant aimé l’homme et le monde qu’il a envoyé son Fils unique (cf. Jn 3, 16), est le Dieu de la Vie, le Dieu qui apporte l’espérance et qui est capable de renverser les situations humainement impossibles. La prière confiante d’un croyant, alors, est un témoignage vivant de cette présence de Dieu dans le monde, de son intérêt pour l’homme, de son action pour réaliser son plan de salut.

(…) En Jésus, vrai Dieu et vrai homme, l’attention pour l’autre, notamment s’il est dans le besoin et qu’il souffre, l’émotion devant la douleur d’une famille amie, le conduisent à s’adresser au Père, dans cette relation fondamentale qui conduit toute sa vie. Mais inversement aussi : la communion avec le Père, le dialogue constant avec Lui, pousse Jésus à être attentif de façon unique aux situations concrètes de l’homme pour y apporter le réconfort et l’amour de Dieu. La relation avec l’homme nous conduit vers la relation avec Dieu, et celle avec Dieu nous conduit de nouveau à notre prochain.

Chers frères et sœurs, notre prière ouvre la porte à Dieu, qui nous enseigne à sortir constamment de nous-mêmes pour être capables de nous faire proches des autres, notamment, dans les moments d’épreuve, pour leur apporter le réconfort, l’espérance et la lumière. Que le Seigneur nous accorde d’être capables d’une prière toujours plus intense, pour renforcer notre relation personnelle avec Dieu le Père, élargir notre cœur aux besoins de ceux qui nous entourent et ressentir la beauté d’être «fils dans le Fils» avec de si nombreux frères".

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La prière de Jésus

Audience générale

du mercredi 28 décembre 2011

 

 

"(…) Je voudrais aujourd’hui vous inviter à réfléchir sur la manière dont la prière fait partie de la vie de la Sainte Famille de Nazareth. La maison de Nazareth, en effet, est une école de prière, où l’on apprend à écouter, à méditer, à pénétrer la signification profonde de la manifestation du Fils de Dieu, en prenant exemple sur Marie, Joseph et Jésus.

« En premier lieu, celle-ci nous enseigne le silence. Oh ! Si renaissait en nous l’estime du silence, atmosphère admirable et indispensable de l’esprit: alors que nous sommes étourdis par tant de vacarme, de bruit et de voix criardes dans la vie agitée et tumultueuse de notre temps. Oh ! Silence de Nazareth, enseigne-nous à être fermes dans les bonnes pensées, recherchant la vie intérieure, prêts à bien entendre les inspirations secrètes de Dieu et les exhortations des maîtres véritables » (Paul VI, Discours à Nazareth, 5 janvier 1964).

(...) Luc est l’évangéliste qui nous fait connaître le cœur de Marie, sa foi (cf. 1, 45), son espérance et son obéissance (cf. 1, 38), en particulier son intériorité et sa prière (cf. 1, 46-56), sa libre adhésion au Christ (cf. 1, 55). Et tout cela procède du don de l’Esprit Saint qui descend sur elle (cf. 1, 35), comme il descendra sur les apôtres selon la promesse du Christ (cf. Ac 1, 8).

Chers amis, (...) la Sainte famille est l'icône de l'Eglise domestique, appelée à prier ensemble. La famille est l'Eglise domestique et doit être la première école de prière. Dans la famille, les enfants, dès leur plus jeune âge, peuvent apprendre à percevoir le sens de Dieu, grâce à l'enseignement et à l'exemple des parents: vivre dans une atmosphère marquée par la présence de Dieu. Une éducation authentiquement chrétienne ne peut se passer de l'expérience de la prière. Si l'on n'apprend pas à prier en famille, il sera ensuite difficile de réussir à combler ce vide. C'est pour cette raison que je voudrais vous adresser l'invitation à redécouvrir la beauté de prier ensemble comme famille à l'école de la Sainte Famille de Nazareth. Et devenir ainsi réellement un seul cœur et une seule âme, une vraie famille". 

 

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La prière de Jésus

lors de la dernière Cène

Audience générale

du mercredi 11 janvier 2012

"(…) Je voudrais méditer aujourd’hui sur le moment, particulièrement solennel, de sa prière lors de la Dernière Cène.

 Paul et Luc parlent d’eucaristia/action de grâce : il « prit du pain; après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna » (Lc 22, 19). Marc et Matthieu, en revanche, soulignent l’aspect d’eulogia/bénédiction : il « prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna » (Mc 14, 22). Les deux termes grecs eucaristeìn et eulogeìn renvoient à la berakha juive, c’est-à-dire la grande prière d’action de grâce et de bénédiction de la tradition d’Israël qui inaugurait les grands banquets. Les deux mots grecs différents indiquent les deux directions intrinsèques et complémentaires de cette prière. La berakha, en effet, est avant tout une action de grâce et de louange qui s’élève à Dieu pour le don reçu: au cours de la Dernière Cène de Jésus, il s’agit du pain — travaillé à partir du froment que Dieu fait germer et pousser en terre — et du vin produit à partir du fruit mûri sur les vignes. 

(...) L’Eucharistie est la nourriture des pèlerins qui devient une force également pour celui qui est fatigué, épuisé et désorienté. 

(...) En participant à l’Eucharistie, en nous nourrissant de la Chair et du Sang du Fils de Dieu, nous unissons notre prière à celle de l’Agneau pascal dans sa nuit suprême, pour que notre vie ne soit pas perdue, malgré notre faiblesse et nos infidélités, mais soit transformée.

Chers amis, demandons au Seigneur que, après nous être préparés comme il se doit, également avec le sacrement de la pénitence, notre participation à son Eucharistie, indispensable pour la vie chrétienne, soit toujours le point le plus élevé de toute notre prière. Nous demandons que, profondément unis dans sa même offrande au Père, nous puissions nous aussi transformer nos croix en sacrifice, libre et responsable, d’amour à Dieu et à nos frères". 

 

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La prière sacerdotale de Jésus

Audience générale

du mercredi 25 janvier 2012

"(…) Nous concentrons notre attention sur la prière que Jésus adresse au Père à l’ « Heure » de son élévation et de sa glorification (cf. Jn 17, 1-26).

La requête centrale de la prière sacerdotale de Jésus dédiée à ses disciples de tous les temps est celle de la future unité de tous ceux qui croiront en Lui. Cette unité n’est pas un produit terrestre. Elle provient exclusivement de l’unité divine et nous parvient par le Père au moyen du Fils et dans l’Esprit Saint. 

Nous pouvons dire que dans la prière sacerdotale de Jésus se réalise l’institution de l’Eglise...(…)  L’Eglise naît de la prière de Jésus.

(…) demandons-Lui d’être « consacrés » à Lui, de lui appartenir toujours plus, pour pouvoir toujours plus aimer les autres, ceux qui sont proches et ceux qui sont loin ; nous Lui demandons d’être toujours capables d’ouvrir notre prière aux dimensions du monde, en ne la renfermant pas dans la demande d’aide pour nos problèmes, mais en rappelant notre prochain devant le Seigneur, en apprenant la beauté d’intercéder pour les autres; demandons-Lui le don de l’unité visible entre tous les croyants dans le Christ — nous l’avons invoqué avec force au cours de cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens — prions afin d’être toujours prêts à répondre à quiconque nous demande raison de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15)".

 

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La prière de Jésus à Gethsémani

Audience générale

du mercredi 1er février 2012

"Aujourd’hui, je voudrais parler de la prière de Jésus à Gethsémani, au jardin des Oliviers.

(…) Jésus, bien qu’arrivant « seul » à l’endroit où il s’arrêtera pour prier, veut que trois disciples au moins demeurent non loin, dans une relation plus étroite avec Lui. Il s’agit d’une proximité physique, d’une demande de solidarité au moment où il sent s’approcher la mort, mais il s’agit surtout d’une proximité dans la prière pour exprimer d’une certaine façon l’harmonie avec Lui, au moment où il s’apprête à accomplir jusqu’au bout la volonté du Père, et il s’agit d’une invitation pour tous les disciples à le suivre sur le chemin de la Croix.

(…) Jésus tombe face contre terre : c’est une position de prière qui exprime l’obéissance à la volonté du Père, l’abandon confiant à Lui. C’est un geste qui se répète au début de la célébration de la Passion, le Vendredi Saint, ainsi que dans la profession monastique et dans les ordinations diaconale, sacerdotale et épiscopale, pour exprimer, dans la prière, également de façon physique, l’abandon total à Dieu, la confiance en Lui.

Chers amis, nous aussi dans la prière nous devons être capables d’apporter devant Dieu nos difficultés, la souffrance de certaines situations, de certaines journées, l’engagement quotidien à le suivre, à être chrétiens, ainsi aussi que le poids de mal que nous voyons en nous et autour de nous, pour qu’il nous donne espoir, qu’il nous fasse sentir qu’il est proche, qu’il nous offre un peu de lumière sur le chemin de la vie.

Jésus poursuit sa prière : « Abba... Père, tout est possible pour toi. Eloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Mc 14, 36). 

Dans l’unité de la personne divine du Fils, la volonté humaine trouve sa pleine réalisation dans l’abandon total du Moi au Toi du Père, appelé Abba. 

Ainsi, Jésus nous dit que ce n’est que dans la conformation de sa propre volonté à celle de Dieu, que l’être humain arrive à sa hauteur véritable, devient « divin » ; ce n’est qu’en sortant de lui, ce n’est que dans le «oui» à Dieu que se réalise le désir d’Adam, de nous tous, celui d’être complètement libres. 

Chers frères et sœurs, chaque jour dans la prière du Notre-Père nous demandons au Seigneur: « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 10). C’est-à-dire que nous reconnaissons qu’il y a une volonté de Dieu avec nous et pour nous, une volonté de Dieu sur notre vie, qui doit devenir chaque jour davantage la référence de notre volonté et de notre être ; et nous reconnaissons que c’est au «ciel» que se fait la volonté de Dieu et que la « terre » devient « ciel », lieu de la présence de l’amour, de la bonté, de la vérité, de la beauté divine, uniquement si en elle est faite la volonté de Dieu. 

(...) Nous devons apprendre à nous en remettre davantage à la Providence divine, demander à Dieu la force de sortir de nous-même pour lui renouveler notre « oui », pour lui répéter « que ta volonté soit faite », pour conformer notre volonté à la sienne. C’est une prière que nous devons faire quotidiennement, parce qu’il n’est pas toujours facile de nous en remettre à la volonté de Dieu, répéter le « oui » de Jésus, le « oui » de Marie.

Chers amis demandez au Seigneur d’être capables de veiller avec Lui en prière, de suivre la volonté de Dieu chaque jour même s’il parle de la Croix, de vivre dans une intimité toujours plus grande avec le Seigneur, pour apporter sur cette « terre » un peu de « ciel » de Dieu".

 

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« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Psaume 22)

Audience générale

du mercredi 8 février 2012

 

 

 

"Je voudrais aujourd’hui réfléchir avec vous sur la prière de Jésus dans l’imminence de sa mort.

(...) Jésus avec le cri de sa prière montre que, en même temps que le poids de la souffrance et de la mort dans lequel il semble qu’il y ait l’abandon, l’absence de Dieu, Il a la pleine certitude de la proximité du Père, qui approuve cet acte suprême d’amour, de don total de soi, bien que l’on n’entende pas, comme à d’autres moments, sa voix d’en-haut. (…)

(...) A l’approche de la mort du Crucifié, le silence descend, on n’entend aucune voix, mais le regard d’amour du Père reste fixé sur le don d’amour du Fils.

Et cela advient aussi dans notre relation avec le Seigneur: face aux situations les plus difficiles et les plus douloureuses, lorsque Dieu semble ne pas nous entendre, nous ne devons pas craindre de Lui confier tout le poids que nous portons dans notre cœur, nous ne devons pas avoir peur de crier vers Lui notre souffrance, nous devons être convaincus que Dieu est proche, même si en apparence il se tait.

Il est important de comprendre que la prière de Jésus n’est pas le cri de celui qui va au-devant de la mort avec désespoir, ni même le cri de celui qui sait avoir été abandonné. Jésus à ce moment-là fait sien le Psaume 22 tout entier, le Psaume du peuple d’Israël qui souffre, et de cette manière, il prend sur Lui non seulement la douleur de son peuple, mais aussi celle de tous les hommes qui souffrent en raison de l’oppression du mal et, dans le même temps, porte tout cela dans le cœur de Dieu lui-même dans la certitude que son cri sera exaucé dans la Résurrection : « Le cri dans l’extrême tourment est, en même temps, certitude de la réponse divine, certitude du salut – non seulement pour Jésus lui-même, mais pour les “multitudes” » (Jésus de Nazareth ii, p. 245). Dans cette prière de Jésus sont contenus l’extrême confiance et l’abandon entre les mains de Dieu, même lorsqu’il semble absent, même lorsqu’il semble rester silencieux, suivant un dessein qui nous est incompréhensible.

Nous aussi, nous nous trouvons toujours à nouveau face à l’« aujourd’hui » de la souffrance, du silence de Dieu — nous l’exprimons très souvent dans notre prière mais nous nous trouvons aussi face à l’«aujourd’hui de la Résurrection, de la réponse de Dieu qui a pris sur Lui nos souffrances, pour les porter avec nous et nous donner la ferme espérance qu’elles seront vaincues » (cf. Lett. enc. Spe salvi, nn. 35-40).

Chers amis, dans la prière, nous portons à Dieu nos croix quotidienne, dans la certitude qu’Il est présent et qu’il nous écoute. Le cri de Jésus nous rappelle que, dans la prière, nous devons dépasser les barrières de notre « moi » et de nos problèmes et nous ouvrir aux besoins et aux souffrances des autres. Que la prière de Jésus mourant sur la Croix nous enseigne à prier avec amour pour tant de frères et sœurs qui sentent le poids de la vie quotidienne, qui vivent des moments difficiles, qui sont dans la douleur, qui ne reçoivent pas de parole de réconfort ; apportons tout cela au cœur de Dieu, pour qu’eux aussi puissent sentir l’amour de Dieu qui ne nous abandonne jamais".

 

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La prière de Jésus sur la croix

Audience générale

du mercredi 15 février 2012

 

"(...) La première prière que Jésus adresse au Père est d’intercession: il demande le pardon pour ses bourreaux.

(...) La deuxième parole de Jésus sur la croix rapportée par saint Luc est une parole d’espérance, c’est la réponse à la prière d’un des deux hommes crucifiés avec Lui. Le bon larron en présence de Jésus rentre en lui-même et se repent, il se rend compte qu’il se trouve devant le Fils de Dieu, qui rend visible le Visage même de Dieu, et il le prie : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne » (v. 42).  

 

La réponse du Seigneur à cette prière va bien au-delà de sa requête ; en effet il lui dit : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (v. 43). Jésus est conscient d’entrer directement dans la communion avec le Père et de rouvrir à l’homme la voie pour le Paradis de Dieu. Ainsi, à travers cette réponse il donne la ferme espérance que la bonté de Dieu peut nous toucher même au dernier instant de la vie et la prière sincère, même après une vie d’erreur, trouve les bras ouverts du Père bon qui attend le retour du fils.

(...) Mais arrêtons-nous sur les derniers mots de Jésus mourant. (…) La prière de Jésus, en ce moment de souffrance — « Père, entre tes mains je remets mon esprit » — est un cri puissant de confiance extrême et totale à Dieu. Cette prière exprime la pleine conscience de ne pas être abandonné.

(...) La prière de Jésus face à la mort est dramatique comme elle l’est pour chaque homme, mais, dans le même temps, elle est parcourue par ce calme profond qui naît de la confiance dans le Père et de la volonté de se remettre totalement à Lui.

(...) Jésus qui demande au Père de pardonner ceux qui le crucifient, nous invite au geste difficile de prier également pour ceux qui nous font du tort, qui nous ont porté atteinte, en sachant toujours pardonner, afin que la lumière de Dieu puisse illuminer leur cœur ; et il nous invite à vivre, dans notre prière, la même attitude de miséricorde et d’amour dont Dieu fait preuve à notre égard : «Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés », disons-nous chaque jour dans le « Notre Père ».

 

Dans le même temps, Jésus, qui au moment extrême de la mort se remet totalement entre les mains de Dieu le Père, nous communique la certitude que, pour autant que les épreuves soient dures, les problèmes difficiles, la souffrance lourde, nous ne tomberons jamais en-dehors des mains de Dieu, ces mains qui nous ont créés, qui nous soutiennent et qui nous accompagnent sur le chemin de l’existence, car elles sont guidées par un amour infini et fidèle". 

 

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Le silence de Jésus

Audience générale

du mercredi 7 mars 2012

"(…) Je ne voudrais pas conclure cette réflexion sans m’arrêter brièvement sur le thème du silence de Jésus, si important dans la relation avec Dieu.

Dieu parle à travers le silence. (…) nous devons nous mesurer aussi au silence de Dieu, expression importante de la Parole divine elle-même.

(...) La dynamique de la parole et du silence, qui marque la prière de Jésus dans toute son existence terrestre, surtout sur la croix, touche aussi notre vie de prière dans deux directions.

(...) La première est celle qui concerne l’accueil de la Parole de Dieu. Le silence intérieur et extérieur est nécessaire pour que cette parole puisse être entendue.

 

(…) Le silence est capable de creuser un espace intérieur au plus profond de nous-mêmes, pour y faire habiter Dieu, pour que sa Parole demeure en nous, pour que l’amour pour Lui s’enracine dans notre esprit et notre cœur, et anime notre vie. La première direction est donc de réapprendre le silence, l’ouverture pour l’écoute, qui nous ouvre à l’autre, à la Parole de Dieu.

Il existe toutefois également une deuxième relation importante entre le silence et la prière. En effet, il n’existe pas seulement notre silence pour nous disposer à l’écoute de la Parole de Dieu. Souvent, dans notre prière, nous nous trouvons face au silence de Dieu, nous éprouvons presque un sentiment d’abandon, il nous semble que Dieu n’écoute pas et ne répond pas.

 

Mais ce silence de Dieu, comme cela a été le cas également pour Jésus, n’exprime pas son absence. Le chrétien sait bien que le Seigneur est présent et écoute, même dans l’obscurité de la douleur, du refus et de la solitude. Jésus rassure ses disciples et chacun de nous que Dieu connaît bien nos nécessités à tout moment de notre vie. Il enseigne aux disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens: ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé » (Mt 6, 7-8) : un cœur attentif, silencieux, ouvert est plus important que de nombreuses paroles.

 

Dieu nous connaît intimement, plus que nous-mêmes, et nous aime : savoir cela doit être suffisant. Dans la Bible, l’expérience de Job est particulièrement significative à ce propos. En peu de temps, cet homme perd tout : sa famille, ses biens, ses amis, sa santé : il semble véritablement que l’attitude de Dieu envers lui soit celle de l’abandon, du silence total. Pourtant Job, dans sa relation avec Dieu, parle avec Dieu, crie à Dieu ; dans sa prière, en dépit de tout, il conserve intacte sa foi et, à la fin, il découvre la valeur de son expérience et du silence de Dieu.

 

Et ainsi, à la fin, s’adressant au Créateur, il peut conclure : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu » (Jb 42, 5) : nous connaissons presque tous Dieu uniquement par ouï-dire et plus nous sommes ouverts à son silence et à notre silence, plus nous commençons à le connaître véritablement. Cette extrême confiance qui s’ouvre à la rencontre profonde avec Dieu a mûri dans le silence. Saint François-Xavier priait en disant au Seigneur : je t’aime non parce que tu peux me donner le paradis ou me condamner à l’enfer, mais parce que tu es mon Dieu. Je t’aime parce que tu es Toi ».

En parcourant les Evangiles, nous avons vu que le Seigneur est, pour notre prière, un interlocuteur, un ami, un témoin et un maître. En Jésus se révèle la nouveauté de notre dialogue avec Dieu : la prière filiale, que le Père attend de ses enfants. Et nous apprenons de Jésus que la prière constante nous aide à interpréter notre vie, à effectuer nos choix, à reconnaître et à accueillir notre vocation, à découvrir les talents que Dieu nous a donnés, à accomplir quotidiennement sa volonté, unique voie pour réaliser notre existence.

A nous, qui sommes souvent préoccupés par l’efficacité concrète et les résultats concrets que nous obtenons, la prière de Jésus indique que nous avons besoin de nous arrêter, de vivre des moments d’intimité avec Dieu, « en nous détachant » du vacarme de chaque jour, pour écouter, pour aller à la « racine » qui soutient et nourrit la vie". 

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L'Abbé Eric HERTH

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