Le Baptême

 

I. Nature du Baptême chrétien

 

« Si l’homme ne renaît par la vertu de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ». C’est donc une régénération qui s’accomplit par l’action concertée de l’Esprit Saint et de l’eau et cette Vie nouvelle donne accès au Royaume de Dieu.

 

« Quiconque croira et recevra le Baptême sera sauvé ». Il comporte donc la croyance aux Vérités enseignées par le Christ, c’est-à-dire la Foi ; il la procure et reste la condition sine qua non de son efficacité.

 

« Enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Comme la Vérité elle-même, il est destiné à tous les hommes ; il est l’œuvre de la Sainte Trinité, à laquelle il apparente les humains, en leur décernant le titre et les prérogatives d’enfants de Dieu.

 

Le Sacrement du Baptême est totalement différent et infiniment supérieur au Baptême opéré par Jean-Baptiste qui était un acte physique et n’avait qu’un sens symbolique : il n’entrainait pas la présence ni l’action de l’Esprit-Saint, il était donc dépourvu d’effet intérieur et spirituel.

 

Mais « un autre viendrait après lui, qui conférerait le vrai Baptême, œuvre de l’Esprit divin transformant et sanctifiant les âmes » ; ce Baptême, Jean-Baptiste savait que seul le Christ serait en mesure de le donner.

II. Les Rites du Baptême

 

1. La matière

 

L’usage de l’eau est formellement prescrit comme partie intégrante du Sacrement et condition de l’action du Saint-Esprit. Le Christ a désigné l’eau pour exercer dans le Baptême une action instrumentale en vue de la sanctification.

 

Le signe sensible aide l’homme à discerner la nature de l’opération spirituelle en même temps qu’il l’accomplit : c’est ce qui justifie l’aspect matériel des Sacrements. L’eau est un élément vivifiant ; elle est un principe de fécondité indispensable pour le sol ; elle possède une propriété purificatrice ; elle rafraîchit et a la propriété d’éteindre le feu. Enfin, l’eau entretient la vie.

 

Tous ces éléments de l’eau signifient les effets du Baptême. Car par l’intermédiaire de l’eau, c’est l’Esprit de Dieu qui vient infuser à l’âme une vie nouvelle ; il la purifie de la souillure du péché ; il tempère la flamme de la concupiscence et des passions ; il lui fait entrevoir le Ciel.

 

 

2. La Forme

 

« Le Christ a sanctifié l’humanité par l’ablution de l’eau avec la parole de vie ».

 

Le seul geste serait insuffisant si la parole ne venait en exprimer le vrai sens. Le ministre qui prononce « je te baptise… » affirme vouloir exécuter le précepte du Christ qui a ordonné de baptiser ; puis en ajoutant « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit… », il se reconnait simple délégué et instrument, agissant au nom et sous l’impulsion d’un agent supérieur qui n’est autre que la Sainte Trinité.

 

 

3. Le Cérémonial

 

Primitivement, le Baptême comportait l’immersion momentanée mais totale du corps dans l’eau. Cette pratique était plus expressive d’une mort et d’une résurrection, de l’ensevelissement du vieil homme et de l’apparition de l’homme nouveau.

 

Aujourd’hui, le Baptême est conféré par simple ablution de la tête, considérée comme la partie principale du corps. Pour les cas où une collectivité nombreuse devrait recevoir le Baptême simultanément, il serait possible de recourir à l’aspersion, pourvu que l’eau parvienne effectivement à chacune des personnes.

 

A ce rite essentielle, d’institution divine, se surajoutent des cérémonies accessoires : les exorcismes adjurent Satan de libérer cette âme dont le péché a fait son esclave ; le sel bénit évoque la Sagesse qui sera le fruit de la Grâce baptismale ; les signes de croix sur les organes des sens sont autant de clefs qui ouvrent les portes de l’âme à l’Hôte divin : les onctions d’huile et des Saint-Chrême marquent l’enfant de Dieu du signe des athlètes de la Foi et du sceau du royal sacerdoce ; le vêtement blanc est l’image de l’innocence recouvrée et de la glorieuse résurrection du Christ, source de cette renaissance ; le cierge signifie que la Foi du baptisé brillera comme une lumière céleste aux yeux des hommes.

 

 

4. Les suppléances du Baptême d’eau

 

Nécessaire au Salut, le Sacrement du Baptême n’est pas à la portée de tous les hommes. Dieu, s’il est vrai qu’il daigne conférer à l’eau sa vertu sanctificatrice, ne lie pas sa Puissance à cet instrument. Il se réserve le droit d’agir par d’autres moyens voire sans intermédiaire, à son gré.

 

Le Baptême peut être suppléé en maints cas exceptionnels pour les hommes ne vivant pas dans les circonstances leur permettant de prendre connaissance de l’Evangile.

 

Le nom de « Baptême du sang » est donné au martyre des non-baptisés qui affrontent les persécutions et les supplices de la mort avant d’être baptisés.

 

Dieu peut aussi procurer les effets du Sacrement sans recourir au Sacrement : s’Il requiert une certaine coopération de l’âme, qu’Il entend sanctifier, les dispositions intérieures Lui suffisent. Tel est le cas d’une âme qui est animée de la volonté de croire.

 

Les hommes, privés du Baptême et de l’Evangile, peut-être esclaves d’un fétichisme grossier, rien qu’en raison de leur loyale fidélité à ce qu’ils connaissent de la loi naturelle, sont justifiés et sauvés par le « Baptême du désir ».

 

 

III. Le Ministre du Baptême

 

Les Apôtres furent désignés pour cette fonction. Dès lors les successeurs des Apôtres sont les ministres du Baptême. Ce ministère peut aussi être exercé par des Diacres.

 

Voire en cas de nécessité, toute personne humaine, quel que soit son sexe, son âge, sa condition, sa croyance peut conférer un Baptême valide, pourvu qu’elle observe les prescriptions essentielles concernant la matière et la forme du Sacrement. Ce cas est cependant réservé aux cas de nécessité uniquement.

 

 

IV. Le sujet du Baptême

 

« Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit Saint ». Tout homme doit se soumettre au Baptême, sous peine de manquer sa destinée surnaturelle.

 

Celui qui est baptisé doit poser un acte humain délibéré et consenti.

 

La question se pose alors du Baptême des enfants. Le Baptême des enfants ne viole-t-il pas la liberté de l’enfant ? En effet, l’enfant, sans être consulté se trouve assujetti à une Loi qu’il n’a pas voulue. Mais, de même que l’enfant qui vient au monde ne choisit pas de naître, le baptême offre à l’enfant les trésors de la Vie divine. Il est vrai que le baptême trace une ligne de conduite et créé des devoirs mais peu différents de l’avenir matériel que les parents peuvent prévoir pour leurs enfants. Puis l’enfant a en grandissant le loisir de se rallier aux prérogatives du chrétien. Et si cette Vie surnaturelle lui pèse, il garde toujours la triste liberté de la répudier, sinon d’effacer le caractère baptismal ou de neutraliser les effets de son Baptême.

 

L’enfant avant l’âge de raison partagent les convictions de ses parents, c’est la raison pour laquelle il est nécessaire pour baptiser des enfants d’obtenir le consentement de leurs parents.

 

Enfin, l’enfant doit grandir dans une atmosphère favorable à l’épanouissement de la Vie divine. Sous peine d’exposer le Sacrement à une prompte profanation et de préparer de futurs apostats, la prudence exige de ne baptiser les enfants qu’avec une extrême circonspection, là seulement où le milieu familial et éducatif donne l’espoir fondé que l’enfant pourra mener, sans entraves une vie de chrétien et recevoir des compléments d’instruction pour alimenter sa Foi.

 

Quant aux adultes qui sont privés de l’usage de la raison ou qui l’ont perdu, ils doivent être traités comme des enfants. S’ils ont quelque éclair de lucidité, il faut profiter de ces moments-là pour les instruire et obtenir leur consentement.

 

Une exception s’explique lors d’un danger de mort, certain et immédiat qui autorise alors le baptême.

 

Le Parrain et la Marraine (les noms dérivent de Père et Mère) désignent une paternité et maternité spirituelles. Non pas qu’ils donnent au baptisé la Vie surnaturelle, ce qui est l’œuvre du Sacrement, mais ils remplissent un rôle paternel et maternel en prêtant leur intelligence et leur volonté à l’enfant. Puis ils assument un rôle paternel et maternel dans l’ordre surnaturel en pourvoyant à l’entretien et au développement de la Vie divine déposée dans l’âme du Baptisé.

 

Leur institution remonte aux origines de l’Eglise. Les adultes étaient capables de s’engager mais leur instruction chrétienne n’était pas achevée et ils vivaient dans un milieu païen. Les Parrain et Marraine prenaient en charge leur formation et les défendaient contre les influences néfastes. Leur rôle n’a pas changé aujourd’hui. Les chrétiens modernes semblent l’oublier parfois lorsqu’ils prennent des auxiliaires qui ne sont pas dignes d’assurer le développement spirituel de l’enfant mais ne sont que des pourvoyeurs de cadeaux !

 

 

 

V. Les effets du Baptême

 

Le Baptême purifie l’âme de la souillure du péché et lui restitue l’innocence première : autrement dit, c’est la mort de l’homme pécheur et la résurrection de l’homme juste. Le consentement du pécheur « à se laisser ensevelir » comporte le repentir sincère de tous ses péchés. Le « renoncement à Satan », à toutes ses œuvres et séductions doit être effectif. Le Parrain et la Marraine le déclarent formellement au nom de l’enfant.

 

Comment croire que cette restauration est complète alors que le mal est toujours présent en l’homme ? Le Rédempteur restaure d’abord les personnes en leur restituant la Grâce, la Vie divine, le droit au bonheur éternel ; Il possède aussi le pouvoir de reconstituer la nature humaine tout entière mais Il réserve cette phase pour la fin des temps.

 

La purification du péché n’est qu’un effet préliminaire mais c’est l’entrée dans le Royaume de Dieu, aux côtés du Christ qui est la fin positive du Baptême. Pour peu que l’âme soit loyale et de bonne volonté, le Baptême lui apporte la Vie de la Grâce. Chez l’enfant, incapable de faire l’acte délibéré qui accueille la Grâce sanctifiante, cette Grâce est une puissance en réserve, une « bonne habitude » octroyée directement par Dieu, au lieu d’être acquise par la répétition des actes. Et cette « Grâce habituelle » est porteuse des « vertus infuses » qui seront prêtes à s’exercer lors de l’éveil de la raison.

 

Introduit de droit dans la famille divine, le baptisé partage la vie du Fils de Dieu sur la terre, afin de Le suivre également au Ciel. Le Baptême qui relie l’homme au Christ et l’associe à sa Passion, par le fait même lui ouvre la Porte du Ciel.

 

De par la vertu du Sacrement, le baptisé devient d’emblée « citoyen du Ciel ». A lui de se rappeler ce titre de noblesse et de s’en montrer digne par sa conduite. Car, moyen nécessaire du Salut, le baptême n’en est pas une assurance automatique : il ne dispense pas de l’effort personnel, il le facilite, lui donne une portée surhumaine et lui promet une récompense éternelle.

 

On ne naît qu’une fois ! « L’enfant de Dieu », qu’est le baptisé peut devenir un enfant ingrat et rebelle. Il n’en conserve pas moins à jamais son Caractère baptismal qui lui ouvre sans cesse le chemin de la maison paternelle, avec un droit spécial au pardon. On dit alors que la Grâce du Baptême momentanément paralysée par l’opposition de la volonté humaine, revit et peut produire ses effets, dès qu’elle rencontre chez l’homme la coopération nécessaire.

In Initiation à la Théologie

de Saint Thomas d'Aquin

R. P. Raphaêl Sineux O. P.

Desclée et Cie 1979

 
 
 
 

L'Abbé Eric HERTH

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