Origène (185-253)

 

Origène est le père de l'explication de la Bible.

Théologien et Père de l'Eglise,

il est né à Alexandrie en 185 

et mort à Tyr en 253.

(70km au sud de Beyrouth)

Origène d'Alexandrie est réellement l'une des personnalités les plus déterminantes pour tout le développement de la pensée chrétienne.

 

Ce fut un véritable "maître", et c'est ainsi que ses élèves se souvenaient de lui avec nostalgie et émotion :  non seulement un théologien brillant, mais un témoin exemplaire de la doctrine qu'il transmettait :  "Il enseigna", écrit Eusèbe de Césarée, son biographe enthousiaste, "que la conduite doit correspondre exactement à la parole, et ce fut surtout pour cela que, aidé par la grâce de Dieu, il poussa un grand nombre de personnes à l'imiter".

Toute sa vie fut parcourue par une aspiration incessante au martyre. Il avait dix-sept ans lorsque, en la dixième année du règne de l'empereur Septime Sévère, la persécution contre les chrétiens fut lancée à Alexandrie. Clément, son Maître, abandonna la ville, et le père d'Origène, Léonide, fut jeté en prison. Son fils désirait ardemment le martyre, mais il ne put réaliser ce désir. Il écrivit alors à son père, l'exhortant à ne pas abandonner le témoignage suprême de la foi. Et lorsque Léonide fut décapité, le petit Origène sentit qu'il devait accueillir l'exemple de sa vie. Finalement, cette aspiration irrépressible fut, tout au moins en partie, exaucée. En 250, au cours de la persécution de Dèce, Origène fut arrêté et cruellement torturé. Affaibli par les souffrances endurées, il mourut quelques années plus tard.

 Faire de la théologie était pour lui essentiellement expliquer, comprendre l'Ecriture. En vérité, la marque caractéristique de la doctrine d'Origène semble précisément résider dans l'invitation incessante à passer de la lettre à l'esprit des Ecritures, pour progresser dans la connaissance de Dieu. 

La majeure partie de l’œuvre d’Origène a été perdue, mais le peu qu'il en reste fait de lui l'auteur le plus fécond des trois premiers siècles chrétiens. 

Il lut tout d'abord la Bible avec l'intention d'en certifier le mieux possible le texte et d'en offrir l'édition la plus fiable. Il a mené une étude importante dans ce but et il a rédigé une édition de la Bible avec six colonnes parallèles, de gauche à droite, avec le texte hébreu en caractères hébreux, puis le texte hébreu translittéré en caractères grecs, et puis quatre traductions différentes en langue grecque, qui lui permettaient de comparer les différentes possibilités de traduction. D'où le titre d'Esapla (six colonnes) attribué à cette immense synopse.

Origène lut systématiquement la Bible en l'accompagnant de ses célèbres Commentaires. Il procède presque verset par verset, de manière minutieuse, ample et approfondie, avec des notes à caractère philologique et doctrinal.

Il nous rappelle avec un profond enthousiasme que, dans la lecture priante de l'Ecriture et dans l'engagement cohérent de la vie, l'Eglise se renouvelle et rajeunit toujours.

 

La Parole de Dieu, qui ne vieillit jamais et ne s'épuise jamais, est le moyen privilégié pour y parvenir. C'est en effet la Parole de Dieu qui, par l'œuvre de l'Esprit Saint, nous guide toujours à nouveau à la vérité tout entière.

(Benoit XVI, Audience générale

du 25 avril 2007)

 

Commentaire du Notre Père

par Origène

Notre Père

Quand vous priez, dites ; « Père ». Craignons, si nous ne sommes pas des fils légitimes, de lui donner ce nom : nous risquerions d’ajouter à tous nos péchés encore celui d’impiété.

 

Qui es aux cieux

Il faut se garder d’imaginer Dieu circonscrit par une forme corporelle et habitant les cieux. Bien au contraire, l’ineffable puissance de sa divinité enveloppe et porte tout ce qui existe. Il est nécessaire de comprendre que Dieu est d’une autre nature que la matière.

 

Que ton nom soit sanctifié

Sanctifier le nom de Dieu, c’est exalter le nom de Dieu en lui-même, c’est participer à l’effluve divin, en naissant de lui, c’est dominer les ennemis qui ne peuvent plus se réjouir de nos chutes. Par là, se trouve exaltée la force de Dieu. On exalte Dieu en lui édifiant une maison en soi-même.

 

Que vienne ton règne

Le règne de Dieu est au-dedans de nous. Dans tous les saints qui ont Dieu pour roi et qui obéissent à ses lois spirituelles, le Seigneur habite comme dans une cité bien administrée. Le Père est présent et le Christ règne avec le Père dans l’âme parfaite.

 

Que ta volonté soit faite

Nous demandons que, pour nous aussi sur la terre, soit faite, en toutes choses, la volonté de Dieu ; ce qui arrivera si nous ne faisons rien en dehors de cette volonté.

 

Lorsque cette volonté aura été pleinement accomplie en nous sur la terre, nous serons semblables aux êtres du ciel ; comme eux nous porterons l’image de l’Etre céleste, nous hériterons du royaume des cieux, et ceux qui nous succéderont sur la terre, à leur tour demanderont de devenir semblables à nous, qui serons au ciel. 

Celui qui fait la volonté de Dieu et ne désobéit pas aux lois du salut et de l’esprit est ciel. Si donc nous sommes encore terre, à cause de notre péché, demandons pour nous que la volonté de Dieu nous amende comme elle l’a fait pour ceux d’entre nous qui sont devenus ciel ou qui sont ciel.

 

Donne-nous aujourd’hui notre pain

Le pain véritable est celui qui nourrit l’homme véritable créé à l’image de Dieu, qui élève celui qui s’en nourrit jusqu’à la ressemblance avec son Créateur.

 

Remets-nous nos dettes

Nous avons des dettes contractées à l’égard de nos frères. Si nous frustrons nos frères de ce que nous prescrit l’esprit de charité ou de sagesse, notre dette est encore plus considérable.

Nous pouvons aussi être débiteurs à l’égard de nous-mêmes : nous devons nous servir de notre corps, mais non pas l’épuiser, nous devons prendre soin de notre âme, veiller à l’acuité de notre esprit, rendre notre langage courtois, charitable, jamais vain.

Nous devons enfin aimer Dieu de tout notre cœur, de toutes nos forces, de tout notre esprit. Nous sommes débiteurs du Christ qui nous a rachetés par son propre sang.

 

Et ne nous introduit pas dans une tentation,

mais délivre-nous du Malin

Il est bon de rechercher comment nous devons prier pour ne pas être soumis à la tentation, alors que toute la vie de l’homme est une continuelle tentation. Nous devons donc demander, non point d’échapper à la tentation – ce qui est impossible – mais de n’être pas surpris par elle.

Ce qui fera défaut à notre humaine fragilité, quand nous aurons fait notre possible, Dieu l’accomplira, lui qui, en toutes choses, collabore au bien de ceux qui l’aiment, de ceux dont il connait d’avance, dans son infaillible prescience, ce qu’ils seront.

Prions Dieu, si nous sommes tentés, de ne pas succomber, et si nous sommes visés par les traits enflammés du Mauvais, de ne pas être consumés par eux. Ceux qui tiennent en mains le bouclier de la foi échappent aux traits du feu du Malin. 

La prière selon Origène

Le sauveur ne veut pas seulement être le maître mais devenir l’ami de ceux dont il était le Seigneur auparavant.

Il ne suffit pas, en effet, de prier, il nous faut prier « comme il faut » et demander ce qu’il faut.

Demandez les choses essentielles et les choses secondaires vous seront données de surcroît.

Notre intelligence ne peut prier que si elle est précédée par l’Esprit et si elle ne fait écho à la prière de celui-ci.

Toutes ces prières, faites et inspirées par l’Esprit, sont pleines de la sagesse divine.

Prier comme il faut

Celui qui s’adonne à la prière s’y dispose en se mettant en la présence de Dieu, il lui parle comme à quelqu’un qui est là et qui l’écoute. (…) Il est bénéfique de se souvenir de Dieu en qui nous croyons, qui perce les mouvements les plus secrets de notre âme, soucieuse de plaire à ce Présent qui le voit, qui sonde les reins et scrute les cœurs.

 

Celui qui accepte les événements comme ils arrivent est libre de toute chaîne. (…) Il ne murmure pas dans le secret de son cœur.

 

La prière jaillit comme une flèche de l’âme de celui qui prie, avec la connaissance, l’esprit et la foi ; elle blesse à mort les forces hostiles à Dieu, qui veulent nous jeter dans le péché qui aliène.

 

Il prie donc sans cesse celui qui lie la prière à l’action et l’action à la prière.

La prescience de Dieu tient compte de la prière des hommes

La prévision divine fait simplement que nos actes libres s’harmonisent utilement avec l’ensemble de l’univers.

 Si Dieu connait tous les choix de notre libre arbitre, à l’avance, il ordonne dans sa providence, comme il convient, toute chose pour le bien de chacun, en tenant compte de notre prière, de notre disposition, de notre foi, de notre volonté.

Préalable à la prière

L’homme ne peut obtenir telle ou telle grâce, sans avoir précédemment prié en telle disposition ou avec telle foi, sans avoir vécu de telle manière avant de prier.

 

Il faut éviter de rabâcher, de faire des demandes insignifiantes.  Prier ce n’est pas rabâcher mais parler à Dieu. C’est « rabâcher comme un païen » que de demander les biens terrestres et futiles au Seigneur qui habite les cieux et les demeures au-dessus des cieux.

 

Il n’est pas possible de comprendre l’exigence de la prière, sans la pureté du cœur. Celui qui prie n’obtiendra pas la rémission de ses péchés, s’il ne pardonne pas à son frère du fond de son cœur la peine qu’il lui a faite.

Pratique de la prière chrétienne

Celui qui se dispose à prier, doit se recueillir (…) et chasser toutes les anxiétés et tous les troubles de sa pensée et s’efforcer de se souvenir de la grandeur de Dieu qu’il approche ; songer qu’il est impie de se présenter à lui, sans attention, sans effort, avec une sorte de sans-gêne.

 

En venant à la prière, il faut présenter pour ainsi dire l’âme avant les mains, élever l’esprit vers Dieu avant les yeux ; dégager l’esprit de la terre avant de se lever pour l’offrir au Seigneur de l’univers ; enfin déposer tout ressentiment des offenses qu’on croit avoir reçues, si on désire que Dieu oublie la mal commis contre lui-même, contre nos proches ou contre la droite raison.

Les différents aspects de la prière

Rendre gloire à Dieu, par Jésus-Christ, dans l’Esprit Saint ;

 

Le remercier pour tous ses bienfaits

 

S’accuser à Dieu de ses péchés, avec un amer regret, lui demander la guérison de l’inclination qui nous entraîne au mal et le pardon de nos fautes passées.

 

Demander les biens grands et célestes, pour nous, nos parents, nos amis et pour tous les hommes.

 

La prière doit se terminer

par glorifier Dieu,

par le Christ,

dans le Saint-Esprit.

Extraits de "Origène, La prière",

Les Pères dans la Foi, DDB, 1979

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L'Abbé Eric HERTH

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