Sainte Elisabeth de la Trinité 

1880-1906

 

Née en juillet 1880, Elisabeth de la Trinité est une enfant vive, passionnée et colérique. En 1882, après la naissance de la sœur d’Elisabeth, Marguerite surnommée « Guite », la famille Catez déménage à Dijon. Elle a sept ans quand son père meurt dans ses bras.

 

Elisabeth, très volontaire, pour faire plaisir à ses proches et avec l’aide de sa mère prend la résolution de lutter contre son terrible caractère. Elle devient alors une charmante jeune fille, premier prix de piano, recherchée par les bonnes familles de la société dijonnaise

pour l'un de leurs garçons.

 

Mais elle a choisi une autre orientation pour sa vie : entrer au Carmel de Dijon. Sa mère très possessive commence par s’opposer à ce projet pour finalement

y consentir lorsqu’elle atteindra

l’âge de 21 ans.

Ces années d’attente sont une véritable souffrance qu’elle offre à Jésus qu’elle prie de « tout arranger, (…) de fortifier et consoler sa mère bien-aimée, pour lui donner force et courage et soutenir (sa mère) dans ce grand sacrifice »

(Journal, 20 mars 1899).

 

Elle s’en remet continuellement à la Sainte Volonté de Dieu, à cet Epoux Bien-Aimé : « que je vive dans le monde sans être du monde ; je puis être carmélite en dedans (…) ; que je passe saintement ce temps qu’il me reste à vivre dans le monde ; que je le passe dans votre union, dans votre intimité ».

 

Entrée au Carmel en 1901, elle choisit de faire de sa vie une louange de gloire à Dieu (laudem gloriae) et de s’abandonner à l’amour trinitaire. Elle développe une doctrine centrée sur "l’habitation de Dieu dans la personne humaine". Cinq années au Carmel, d'union intime avec le Dieu-Trinité qui lui confère paix, joie et gaieté malgré la grave maladie qui l'accable et l'emporte à 26 ans dans l'amour éternel qu'elle a toujours cherché.

 

Elle a beaucoup écrit : un journal,

de nombreuses lettres, des notes intimes,

des traités spirituels

pour transmettre l’Amour de Dieu.

Elisabeth de la Sainte Trinité a été béatifiée en 1984

par le Pape Jean-Paul II,

canonisée par le Pape François,

le 16 octobre 2016.

Prières de Sainte Elisabeth de la Trinité

O mon Dieu,

Trinité que j’adore

 

O mon Dieu, Trinité que j'adore,

aidez-moi à m'oublier entièrement

pour m'établir en vous,

immobile et paisible

comme si déjà mon âme

était dans l'éternité !

Que rien ne puisse troubler ma paix

ni me faire sortir de Vous,

ô mon Immuable,

mais que chaque minute

m'emporte plus loin dans

la profondeur de votre Mystère.

Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel,

votre demeure aimée et

le lieu de votre repos.

Que je ne vous y laisse jamais seul,

mais que je sois là tout entière,

tout éveillée en ma foi, tout adorante,

toute livrée à votre action créatrice.

 

O mon Christ aimé, crucifié par amour,

je voudrais être une épouse

pour votre Cœur ; je voudrais

vous couvrir de gloire,

je voudrais vous aimer...

jusqu'à en mourir !

Mais je sens mon impuissance et

je Vous demande de

me "revêtir de Vous-même",

d'identifier mon âme à tous les

mouvements de votre Âme ;

de me submerger, de m'envahir,

de Vous substituer à moi,

afin que ma vie ne soit

qu'un rayonnement de votre Vie.

Venez en moi comme Adorateur,

comme Réparateur et comme Sauveur.

 

 O Verbe éternel, Parole de mon Dieu,

je veux passer ma vie à Vous écouter,

je veux me faire tout enseignable

afin d'apprendre tout de Vous.

Puis, à travers toutes les nuits,

tous les vides, toutes les impuissances,

je veux vous fixer toujours et

demeurer sous votre grande lumière.

O mon Astre aimé, fascinez-moi

pour que je ne puisse

plus sortir de votre rayonnement.

 

O Feu consumant, Esprit d'amour,

"survenez en moi" afin qu'il se fasse

en mon âme comme une incarnation

du Verbe ; que je Lui sois une humanité

de surcroît, en laquelle Il renouvelle

tout son Mystère.

 

Et vous, ô Père, penchez-Vous vers

votre pauvre petite créature,

"couvrez-la de Votre ombre",

ne voyez en elle que le "Bien-aimé

en lequel Vous avez mis

toutes vos complaisances".

 

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude,

Solitude infinie, Immensité 

où je me perds, je me livre à Vous

comme une proie ;

Ensevelissez-vous en moi,

pour que je m'ensevelisse en Vous,

en attendant d'aller contempler

en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.

 

(Notes intimes, 21 novembre 1904)

 
 

"Que ce soit ton petit Béthanie"

O Jésus, mon Bien-Aimé, qu’il est doux

de t’aimer, de t’appartenir,

de t’avoir pour unique Tout ! (…)

Que ma vie soit une oraison continuelle,

un long acte d’amour. Que rien ne puisse

me distraire de toi,

ni les bruits, ni les distractions (…).

J’aimerais tant, Ô mon Maître,

vivre avec toi 

dans le silence.

 

Mais ce que j’aime par-dessus tout

c’est faire ta volonté (…).

Je t’offre la cellule de mon cœur,

que ce soit ton petit Béthanie :

viens t’y reposer, je t’aime tant…

Je voudrais te consoler et

je m’offre à toi comme victime,

Ô Maître, pour toi, avec toi.

 

J’accepte à l’avance tous les sacrifices,

toutes les épreuves, même celle

de ne plus te sentir avec moi.

Je ne te demande qu’une chose :

être généreuse et fidèle (…).

Je veux accomplir parfaitement

ta volonté, répondre toujours à ta grâce ;

je désire être sainte avec toi et pour toi,

mais je sens mon impuissance,

oh, sois ma sainteté (…).

Maître, ce ne sont pas ces dons,

ces consolations dont tu me combles,

que je recherche ; c’est toi, Ô toi seul !

Soutiens-moi toujours,

prends-moi de plus en plus ;

que tout en moi t’appartienne ;

brise, arrache tout ce qui te déplaît

afin que je sois tout à toi.

Oh, chaque battement de mon cœur

est un acte d’amour.

Mon Jésus,

mon Dieu

qu’il est bon de t’aimer,

d’être tienne tout entière.

(Notes intimes, 23 janvier 1900)

Prières extraites de

"Elisabeth de la Trinité, Œuvres"

Les éditions du Cerf, 2017, p. 199 et 896.

L'Abbé Eric HERTH

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