Positive surprise :
le nombre de candidats au sacerdoce augmente !
Ces nouveaux convertis qui veulent entrer au séminaire
Jean-Marie Guénois du Figaro
Un miracle semble avoir eu lieu à Rennes. À la rentrée 2024, 4 candidats avaient frappé à la porte du séminaire, 18 se sont présentés un an plus tard. Soit « une augmentation de 350 % » se félicite le supérieur de la Maison Charles de Foucauld, le père Olivier Roy, en charge de l’une des 13 « propédeutiques » réparties sur le territoire. Cette maison accueille des candidats à la prêtrise de 9 diocèses de Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie.

Depuis 2022, le passage par une année de propédeutique est obligatoire avant d’entrer au séminaire. Il s’agit de discerner la qualité de la vocation. Une sorte de « prépa » spirituelle dont l’objet n’est pas les études - philosophiques et théologiques, au programme des six années de séminaire -, mais une plongée dans la vie intérieure, fraternelle et caritative.
Il n’y a pas de concours d’entrée à la clé, sinon l’épreuve du « combat spirituel pour gagner en liberté, résume un formateur, afin de se présenter plus mûr au séminaire ».

Pour expliquer le record de ces 9 diocèses de l’ouest de la France, le père Olivier Roy avance des « effets de rattrapage » d’une année sur l’autre, car certains candidats réfléchissent à deux fois avant de s’engager, ou encore l’influence d’événements comme « le jubilé des jeunes à Rome, en juillet 2025 », cite-t-il.
Et, avance-t-il, « pourquoi pas l’effet d’un nouveau pape, à l’image plus consensuelle et compatible avec des jeunes en recherche vocationnelle », en la personne de Léon XIV.
Ce formateur constate en effet que « cette promotion de propédeutique 2025 a choisi saint Augustin comme saint patron, ce qui n’est pas sans lien avec les origines spirituelles du pape américain. »
Confinement et intériorité
Le père Olivier Roy assure que ce record d’inscriptions n’est pas isolé :
« En France, les propédeutiques ont quasiment toutes réalisé une bonne rentrée en septembre dernier, avec 145 inscrits. » Ils étaient seulement 99 « propédeutes » en septembre 2023, soit 46,5 % d’augmentation en deux ans.
La courbe d’entrée au séminaire connaît cependant des hauts et des bas : 165 candidats étaient admis en l’an 2000, ils n’étaient que 106 en 2015 et remontaient à 156 en 2020.
Quant à la crise des abus sexuels dans l’Église, qui a explosé à l’orée des années 2000, elle semble ne pas avoir grevé significativement les candidatures pour le sacerdoce, puisqu’elles ont été relativement stables ce quart de siècle avec une moyenne de 131 candidats annuels en France.

Jeunes convertis et sacerdoce
Quant aux motivations des candidats au sacerdoce, « il est vrai que, parmi eux, on rencontre aujourd’hui plus de jeunes baptisés néophytes ou nouvellement confirmés qui, dans l’élan du sacrement, souhaitent aller plus loin. Cela correspond à cette génération qui est en attente de sens et entend y répondre de manière souvent radicale. Il est évident que, dans les prochaines années, nous devrons probablement accueillir plus de candidats ayant reçu les sacrements de l’initiation chrétienne depuis peu. »
On n’entre pas en propédeutique uniquement avec sa générosité, mais pour discerner et avancer vers une décision libre
(Père Matthieu Williamson, coordinateur national des propédeutiques)
Pour autant, l’Église reste calme. Elle n’admet pas de jeunes fraîchement convertis sur la voie du sacerdoce. En charge de l’année de propédeutique dans le diocèse des Yvelines, le père Matthieu Williamson, 49 ans, explique : « Je viens de recevoir la demande d’un jeune qui n’est pas encore baptisé ! C’est très beau, je respecte infiniment, mais je ne pourrai pas l’accepter maintenant.
On ne prend pas, en propédeutique, des nouveaux convertis. Et je dois refuser chaque année des jeunes qui viennent de retrouver la foi. Certes, ils ont été saisis par ce grand amour du Christ, mais ils doivent expérimenter la vie chrétienne dans le monde. »

Ce jour-là, dans l’ancien couvent des Capucins de Versailles, qui accueille 12 propédeutes, le mot liberté revient très souvent. Ils ont entre 20 et 40 ans, sont issus de milieux et parcours personnels très divers, tous unis par la volonté d’avancer vers le sacerdoce. Leur emploi du temps est réglé comme du papier à musique, entre liturgie, prières, services, étude, lecture en continu de la Bible, méditations, accompagnement spirituel hebdomadaire, sport… Ils coupent leur téléphone portable, et ne l’allument qu’une fois par semaine pour un temps très limité.
Pas un feu d’artifice
Le 22 janvier, le cardinal Aveline au congrès de la Fédération des médias catholiques, réuni à Lourdes, confiait :
Il faut transformer ce feu de paille, qui n’est pas un feu d’artifice, en un feu de cheminée
Cette efflorescence spirituelle inattendue agit comme un baume pour l’Église de France. Sans illusion démesurée, toutefois : il faut de toute façon évaluer la qualité et l’équilibre humain des candidats
Une fois entré en propédeutique, où 2 sur 3 seront admis au séminaire, puis au séminaire, où 1 sur 2 sera ordonné prêtre, il y a encore beaucoup de chemin durant les sept années de formation. En 2025, 90 prêtres ont été ordonnés en France, dont seulement 58 prêtres « diocésains » pour une centaine de diocèses, les autres étant « religieux » ou assimilés. Sur ce nombre, 2 diocèses, Paris (8 prêtres), Fréjus-Toulon (10 prêtres) et 2 communautés, Saint-Martin (9 ordinations) et l’Emmanuel (5 ordinations), ont fourni 32 prêtres sur 58. Des diocèses imposants, comme Lille, Marseille, Lyon et Bordeaux, n’ont respectivement ordonné qu’un prêtre.
Outre ces disparités régionales, une autre diversité de sensibilité ecclésiale agit sur le recrutement.
Plus d’un tiers des candidats français en première année optent pour une formation très classique (Communauté Saint-Martin), traditionaliste (Fraternité Saint-Pierre ; séminaire Saint-Philippe Néri, en Toscane ; Institut du Bon Pasteur) ou lefebvriste (Séminaire saint curé d’Ars, à Flavigny-sur-Ozerain). Sur la base de chiffres fournis depuis l’an 2000 par l’épiscopat et par ces instituts, une moyenne de 61 candidats français sur 159 (38 %) sont entrés en première année de séminaire de style traditionnel.

Interrogé sur ce dynamisme étonnant, l’un des jeunes propédeutes du diocèse de Versailles s’émerveille : « Je suis extrêmement impressionné, et même admiratif, de voir tant de jeunes de ma génération se tourner vers l’Église. L’Esprit saint fait en ce moment un beau travail en France ! Tout cela ajoute un élément d’incertitude positive sur l’avenir de l’Église dans nos diocèses : nous sommes encore plus incapables qu’avant de prévoir à quoi ressembleront les paroisses dans trente ou quarante ans. »

Nos coordonnées
Paroisse Saint Vincent des Buis
Mentions légales
Faire un don à votre église

