Pourquoi les Saints sont-ils représentés avec une auréole ?

L’auréole est un halo de lumière radiante qui enveloppe la tête ou le corps entier d’une personne. Le mot « auréole » signifie de couleur or et la forme circulaire dérive du fait que le cercle est symbole de perfection et représente la sainteté. Dans certains cas, on distingue le nimbe (lumière qui entoure uniquement la tête), l’auréole (lumière qui irradie du corps) et la gloire (combinaison des deux, utilisée uniquement pour Jésus et la Sainte Vierge afin de symboliser leur nature divine).
Dans les peintures, l’auréole a connu une évolution remarquable, de grands cercles dorés à couronne de rayons de lumière jusqu’à des fins anneaux dorés à peine perceptibles à l’œil.
Dans les statues, généralement, elle était représentée comme un disque doré, fixé derrière la tête du personnage. Aujourd’hui, on les retrouve dans les dessins animés, les journaux, les films, et même dans certains émojis !
Ses origines
L’origine de l’auréole, que l’on associe la plupart du temps aux saints, n’est pas chrétienne mais païenne. La référence à « halo de lumière » venant couronner les héros est fréquente dans la littérature grecque de l’Antiquité.
On en trouve déjà la trace dans L’Iliade du poète grec Homère, dans lequel la déesse Athéna est décrite « avec une nuée d'or » sur la tête. Rapidement, les représentations picturales de ces descriptions ont commencé à fleurir, et se sont transmises de la littérature grecque à la littérature latine, le disque de lumière derrière la tête se substituant progressivement au halo lumineux.
Les saints étaient plus volontiers représentés avec une couronne de laurier sur la tête, ou de simples diadèmes, dans les premiers temps de l’art chrétien. Comme toutes les traditions artistiques, celle de l’auréole fut donc le fruit d’un mélange progressif de plusieurs influences qui avaient précédemment cohabité.

Un usage qui a évolué
Les chrétiens commencèrent à utiliser l’auréole comme symbole d’identification des saints ou des anges dans leurs représentations artistiques (peintures, statues, mosaïques, etc.) uniquement entre le II et le III siècle ap. J.-C. et dans une vision purement laïque. Elle était perçue comme symbole de lumière et de grâce conférée directement par Dieu. Les rayons de lumière étaient réservés aux représentations du Christ uniquement.
Conjointement, l’auréole était utilisée pour témoigner de la majesté des derniers empereurs romains afin de mettre en avant leur pouvoir. Ce n’est qu’au IVe siècle que l’auréole fit son apparition dans l’art chrétien comme attribut de personnes, et surtout comme attribut divin. Lorsqu’il était représenté, Dieu, source de lumière, était naturellement escorté de ce disque lumineux qui devait bientôt orner la tête de tous les saints.
Les premiers à porter une auréole dans un contexte chrétien furent l’empereur byzantin Justinien et sa femme Théodora, qui, dans les mosaïques de la Basilique de Saint-Vital de Ravenne, sont représentés avec la tête entourée d’un disque d’or.
L'auréole des saints
Les saints et les saintes furent bientôt honorés de l’insigne de l’auréole dans l’art sacré, tout de suite après Jésus et la Vierge, car ils sont des hommes et des femmes touchés de manière spéciale par la grâce divine, investis de l’amour de Dieu, rendus instruments de Sa volonté. La lumière dont ils irradient est, donc, de nature double, puisque d’une part elle jaillit de leur tête, de leur corps, pour leurs mérites, et d’une autre part elle est le reflet de la lumière divine qui les enveloppe et les pénètre. Le diable et Judas Iscariote parfois étaient représentés avec une auréole noire autour de la tête.
Triangulaires, carrées… et hexagonales !
Par la suite, d’autres types d’auréoles émergèrent. Un triangle de lumière fut employé pour identifier les trois personnes de la Trinité, l’auréole circulaire étant plus volontiers réservée aux saints et aux anges. L’auréole carrée, quant à elle, plus rare et donc moins connue, avait pour but de distinguer les personnes encore vivantes, comme les mécènes. Des auréoles hexagonales furent même inventées pour distinguer des vertus ou des figures allégoriques. La mandorle quant à elle, apparaît toujours de forme ovale. Cela s’explique par son origine latine Mandorla, qui signifie amande.
Au fil des siècles, avec la Renaissance, le réalisme s’impose en peinture et l’usage de l’auréole tomba en désuétude, avant de nettement disparaître de la peinture religieuse. Néanmoins, l’auréole fait désormais partie de la culture occidentale, sa symbolique est toujours clairement identifiée et associée à la sainteté.
Au XVII siècle, le Pape Urbain III interdit catégoriquement que des hommes pas encore morts et officiellement béatifiés soient représentés avec l’auréole sur la tête.
Sources :

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