La Transfiguration de Jésus vue par Raphaël
La transfiguration (du mot grec metamorphosis, métamorphose), est un épisode de la vie de Jésus dans lequel il change d’apparence corporelle pendant quelques instants de sa vie terrestre, pour révéler sa nature divine trois apôtres. Cet état physique, considéré comme miraculeux, est la préfiguration de l’état corporel annoncé aux croyants pour leur propre résurrection.

L’humain et le divin
Commandé en 1517 par le cardinal Jules de Médicis, bientôt le pape Clément VII (1523-1534) pour la cathédrale française de Narbonne dont il était archevêque, « La Transfiguration » est le dernier tableau peint par Raphaël.
Commencé en 1518, il sera achevé par l’un de ses disciples en 1520 et demeure un chef-d’œuvre incontestable de l’Italie Haute Renaissance. Ce tableau illustre la double nature humaine et divine du Christ.
Il comporte deux parties distinctes, qui évoquent deux passages qui se suivent dans l’Evangile : En haut du tableau, la transfiguration (Mat.17,1-9) et en bas, la guérison de l’épileptique. Les quatre versets qui séparent ces deux épisodes correspondent à un échange entre Jésus et ses disciples à propos du retour d’Elie.
L’artiste peint Elie en symétrie avec Moïse, l’autre grand prophète de l’Ancien Testament. Tous deux contemplent le personnage central : le Christ en gloire. Les trois personnages semblent voler. Leurs vêtements sont pris dans un tourbillon de vent. Seul le Christ a les bras tendus. Ses mains sont grand ouvertes. On dirait qu’il est déjà en croix, mais son corps n’en porte pas encore les stigmates. Son visage rayonne. Derrière lui, un halo d’une douce lumière : dans la nuit, le ciel se déchire. On perçoit donc l’annonce de la croix, mais aussi celle de la résurrection..
Juste en dessous, trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean, sont les témoins de cette scène. Ils sont éblouis. Ils se cachent les yeux tant la lumière est forte. Ils sont couchés. Pierre, dont les jambes sont dans le même mouvement (celui de la marche) que celles des trois personnages célestes, semble être le plus dans la vérité de l’événement. Peut-être parce que six jours auparavant, à Césarée de Philippe, il avait proclamé à Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. ». Seuls trois doigts de sa main droite sont visibles, comme pour désigner les trois personnages qu’il voit. Mais ne serait-il pas déjà dans une vérité plus grande ? Les trois doigts levés ne désigneraient-ils pas les trois personnes de la Trinité ?
Annonce de la mort et du Salut
Contrairement à l’éclat de la Transfiguration, l’image inférieure est marquée par l’obscurité, ainsi que par la consternation des apôtres qui sont incapables de guérir le garçon malade. Dans la partie inférieure du tableau, nous distinguons deux groupes de personnes. A gauche, celui des apôtres, ceux qui ne sont pas montés sur la montagne du Thabor. Face à eux (en symétrie, comme les deux prophètes dans le ciel), un groupe de personnes vient les implorer pour la guérison d’un enfant lunatique.
Le jeune malade, soutenu par son père, crie et se débat. Ses yeux louchent. Les bras en croix, il semble agoniser. Au premier plan, de dos, une femme est agenouillée. Elle supplie les apôtres d’intervenir pour l’enfant. Serait-ce le sien ? Comme une mère, elle pointe son doigt sur le cœur du malade, et elle fixe l’apôtre qui répond en désignant Jésus.
Avec un autre apôtre, qui, comme lui, pointe son doigt vers les hauteurs, il témoigne avec insistance que le Salut vient du Ciel. Plus précisément du Christ lui-même. Seul Jésus, le Fils de Dieu a le pouvoir de guérir l’enfant épileptique.
En bas du tableau, à gauche, le grand livre de la Parole est ouvert. Un apôtre, Saint Matthieu, l’Évangéliste lui-même, relit et relie les deux événements. Seul le Fils de Dieu, le vainqueur des ténèbres, la Lumière Divine, peut donner la guérison et la vie.
Le peintre Raphaël, en juxtaposant les deux scènes en un seul tableau spectaculaire et dramatique, montra son génie. En utilisant des contrastes de lumière et de mouvement entre les deux scènes, il combine ces deux épisodes bibliques. Comment pouvait-on mieux affirmer que Jésus est bien plus grand que Moïse et Elie ? Qu’Il est lui-même le Verbe, « la Lumière née de la Lumière », le Fils de Dieu qui relève et guérit. Qu’il est Dieu !
Dans son célèbre livre Vies des artistes (1550), l’artiste et biographe maniériste florentin Giorgio Vasari (1511-1574) a écrit que La Transfiguration était l’œuvre "la plus belle et la plus divine" de Raphaël. Dans la mesure où le tableau promeut l’Église en exaltant le pouvoir rédempteur du Christ, tout en nous rappelant les défauts de l’homme. (Une analyse de P. Xavier LEMBLE)


Nos coordonnées
Paroisse Saint Vincent des Buis
Mentions légales
Faire un don à votre église

