Paroisse Catholique Saint Vincent des Buis (71390 Buxy)
Saône et Loire - Bourgogne
Diocèse d'Autun

L'ascension cosmique
vue par Salvador Dali

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Salvador Dali, L'Ascension du Christ, 1958, huile sur toile, 115 x 123cm, collection privée.

Une élévation surprenante

L’Ascension du Christ est un sujet rarement traité au XXe siècle. Ce tableau de Salvador Dali n’en est que plus singulier. Alors que les peintres du Moyen Age et de la Renaissance, de Giotto à Mantegna ou Bellini, ont représenté verticalement la montée de Jésus de la terre au ciel, Dali peint une scène de vol, voire une lévitation, vue d’en bas, de la terre, une composition originale et surprenante.

En arrière-plan se dévoile une fleur de tournesol elle-même inscrite dans un cercle transparent sur lequel plane la colombe de l’esprit saint. La composition est enfin dominée non par Dieu le Père comme on s’y attendrait mais par la Vierge qui forme ainsi le troisième terme de cette trinité picturale, résolument différente de la trinité catholique traditionnelle. Dans cette composition, Dali se montre provocateur et original comme à son habitude.

La voie vers le ciel

Le corps du Christ est placé au centre d’un cercle transparent situé en arrière-plan, et auquel il a donné la structure de l’intérieur d’un tournesol, Il aurait compris plus tard que ce noyau est la représentation de l’esprit unificateur du Christ.

Dans un cercle doré, le Christ est inscrit dans un triangle parfait, formé par ses pieds et ses bras. L’alignement du corps au ciel montre que Jésus est celui qui relie Dieu et les hommes, comme un pont, il marque la route, créée le passage. Cet ensemble résume l’univers que Jésus semble traverser comme une flèche, transperçant les cieux.

Ses pieds sont aussi la partie de son corps qui l’a porté pour arpenter le monde et rencontrer les hommes, ses mains crispées rappellent le supplice de la croix et enserrent la totalité de l’univers, qu’il rassemble par sa mort et sa résurrection.

Le visage du Christ n'est pas visible (comme dans toutes les peintures de Dali), on ne voit de lui que ses pieds et ses mains, les parties de son corps qui ont été marquées par les stigmates de la croix et l’associent à sa vie charnelle.

Une ligne d’horizon très basse fait apparaître un paysage maritime, sans doute Port Lligat, où Dali vit avec Gala.
La toile est une explosion de couleur et de formes géométriques qui évoquent la beauté du monde et nous révèle le sens de notre existence : être avec Dieu pour l’éternité et aller à lui par le Christ.

La colombe de l’Esprit-Saint, symbolisant le retour du Christ vers le Père est visible sur la partie haute du tableau et dirige ses rayons vers nous. Le visage de Marie apparaît sous les traits de Gala, la femme du peintre, en pleure.

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Salvador Dali (1904 - 1989)

Mondialement célèbre pour son personnage de dandy aux moustaches excentriques et ses inventions grotesques, le peintre est surtout un des grands peintres contemporains surréaliste. Mégalo, exubérant, sa période mystique reste méconnue.
Julien Leloup y a consacré un documentaire (Dali surréaliste et mystique) où l’on découvre un Dali sérieux et introspectif.

« J’arriverai à Dieu par l’intermédiaire des êtres célestes.

Oui, je peux sentir que les anges m’amènent à Dieu ».

Il se distingue des peintres contemporains en revitalisant une iconographie catholique jugée souvent dé-suète, et traite le sujet en l’adaptant à l’imaginaire du XXe siècle.
Cette toile prend place au terme de la période surréaliste du maître espagnol, que l’on peut situer à la fin des années 1940. Très fortement empreinte de mysticisme (elle inaugure la « période mystique nucléaire » qui débute en 1951), l’œuvre témoigne de la foi catholique de son auteur et en appelle à la grande tradition reli-gieuse espagnole. Selon le peintre lui-même, ce tableau lui aurait été inspiré par « un rêve cosmique », qu’il fit en 1950, soit huit ans avant l’exécution de la toile :

 

« Premièrement, en 1950, j’ai eu un « rêve cosmique » dans lequel je vis en couleur cette image qui, dans mon rêve, représentait le « nucleus de l’atome ». Ce nucleus prit par la suite un sens métaphysique, je le considère « l’unité de l’univers », le Christ !
Deuxièmement, grâce aux indications du père Bruno, carme, je vis le Christ dessiné par saint Jean de la Croix, je résolus géométriquement un triangle et un cercle, qui « esthétiquement » résument toutes mes expériences antérieures et inscrivis mon Christ dans ce triangle. »

 

De notre point de vue de spectateur, nous découvrons dans ce tableau un Christ élevé jusqu’au ciel, physique et métaphysique à la fois, et qui condense autour de lui l’ensemble de l’univers. Le lien entre Jésus et le monde terrestre est mis en valeur par la fleur de tournesol et le noyau de l’atome, et celui entre Jésus et l’humanité est magnifié par le visage de Marie qui domine la composition.

Le spectateur ainsi placé sous le corps du Christ n’est pas sans rappeler le tableau de Mantegna au XVème siècle.

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Andrea Mantegna, La lamentation sur le Christ, 1480, pinacothèque de Brera, Milan

Ce tableau crée un extraordinaire jeu de trompe-l’œil et de profondeur, révélant le mysticisme du peintre et sa fascination pour les découvertes de l’atome. « Dans un état de prophétisme », Dali va alors comprendre que les moyens picturaux ont vu leur apogée à la Renaissance et il va s’attacher à « prouver par [son] œuvre l’unité de l’univers en montrant la spiritualité de toute substance ».

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