Le serpent, animal emblématique du bestiaire biblique
Le serpent (le nahash, terme hébreu) est omniprésent dans la Bible. Tour à tour maléfique ou bénéfique, il fait l’objet de malédictions ou il guérit selon les passages. Premier animal du bestiaire biblique il est associé à la tentation, au péché, à Satan mais peut aussi représenter la sagesse ou le renouvellement… un thème porteur en cette entrée en Carême !
Le rusé tentateur
Si l’animal jouissait la plupart du temps dans le monde antique d’une meilleure image, animal guérisseur chez les Grecs et les Romains, symbole également de vie et issu de la Terre-Mère, son funeste destin est scellé avec le récit de la Genèse. L’animal y représente l’envie, la cupidité et s’insinue habilement, de manière visqueuse, entre Dieu et les hommes auxquels il rappelle la nécessité de la vigilance et du discernement. C'est le premier animal qui apparaît dans le long bestiaire de l’histoire sacrée dans le livre de la Genèse.
Il y paraît comme un animal complaisant, malin et tentateur, et non en reptile dangereux à éviter, tel qu’il pourra le paraître par la suite. La Genèse relève en effet que « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits ». Et c’est justement par ruse que l’animal invitera Ève à manger du fruit de l’arbre de la connaissance que Dieu avait écarté sous peine de mort. Le serpent, malicieux et sournois, se fait passer pour un allié de l'Homme, soucieux de son bonheur.
Il sème le doute en lui et en son alliance avec dieu : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal ».
Le condamné que Marie soumet
Après cet épisode, le procès fait au serpent fut sans appel : Il sera condamné à être maudit, à ramper, à rester hostile à la Femme. Depuis, l’image du serpent a été associée à celle du péché, à la tentation et au diable. Cet animal dont la ruse le rapproche de l’homme va devenir également son principal ennemi. Le diable sera incarné dans ce reptile rampant sur le sol, caché, toujours prêt à surprendre et à mordre.
L’association du diable avec le serpent se termine dans l’Apocalypse de Jean. La conclusion du Livre de l’Apocalypse appelle « le dragon, le serpent ancien qui est le Diable, et Satan » (Apocalypse 20:2).
Le symbole de la Vierge (« nouvelle Eve ») écrasant le serpent est un motif iconographique qui est utilisé depuis des siècles. Il représente la victoire de la pureté, de l'ordre divin, de la sagesse et de la divinité protectrice sur les forces du mal et de la tentation.

Le serpent d’airain protecteur et sauveur
Curieusement, c’est une image tout à fait bénéfique du serpent qui va ressurgir lors de deux épisodes de l’Ancien Testament associés à la vie de Moïse.
Le premier, lorsque celui-ci réclame à plusieurs reprises la sortie de son peuple de l’esclavage à Pharaon. Une bataille de magie est alors engagée, rapporte le livre de l’Exode, au cours de laquelle le bâton de son frère Aaron se métamorphose en serpent et affronte les autres bâtons des magiciens du Pharaon, eux-mêmes devenus serpents par la ruse de ces derniers. Mais le serpent d’Aaron engloutira tous les autres, signe de protection et de la toute puissance du Dieu d’Israël.
Le second épisode est évoqué au Livre des Nombres. Alors que le peuple libéré de l’esclavage errait dans le désert, il en vint à récriminer contre Dieu et Moïse, regrettant l’Égypte. « Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël » relate la Bible. Repentants, ces derniers implorèrent Moïse d’intercéder auprès du Seigneur qui lui enjoint « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! ».
Le serpent n’est plus dès lors seulement l’animal par qui l’on meurt, mais devient également celui par qui l’on revit, un emblème de fer dit d’airain naguère associé au dieu Mercure et que l’on retrouvera jusqu’à nos jours dans le caducée du médecin.
On le retrouve orner aussi de nombreuses crosses d’évêques au Moyen Âge (crosse sepentiforme), ou enlacer une croix.

Le serpent qui tue et celui qui sauve
Le Pape François en mars 2016, rappelle dans une homélie que Jésus s'est « fait péché » pour le salut de l'homme. Au centre de la réflexion, se trouvait l’image du serpent, porteuse d’un « message ».
Le Pape a commenté : « C’est mystérieux : le Seigneur ne fait pas mourir les serpents, il les laisse. Mais si un d’entre eux fait du mal à une personne, qu’il regarde ce serpent de bronze et il guérira ».
Le serpent fut ainsi élevé pour obtenir le salut. Le serpent est « symbole du péché ; le serpent qui tue ; mais un serpent qui sauve. Et tel est le mystère du Christ ».
De ce fait, en voulant utiliser le symbole biblique, nous pourrions dire : « Il s’est fait serpent ». Le serpent « prophétise le salut dans le désert » : il est en effet « élevé et quiconque le regarde est guéri ». ainsi, la croix de Jésus est souvent associée à la figure du serpent d'airain dans le désert.


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