Paroisse Catholique Saint Vincent des Buis (71390 Buxy)
Saône et Loire - Bourgogne
Diocèse d'Autun

Sainte Blandine et Saint Pothin
et leurs 46 compagnons, martyrs à Lyon en l'an 177

Le déclenchement des persécutions et l’hostilité populaire

Eusèbe de Césarée nous rapporte les événements.A l’origine, un groupe de chrétiens venus de Phrygie sous la conduite de Pothin s’installe à Lugdunum (Lyon). Pothin devient le premier évêque de Lyon et de la Gaule. Rapidement, la population locale se déchaîne contre eux, les excluant d’abord de la vie publique :

« … on ne nous a pas seulement chassés des maisons, des bains, de la place publique, mais encore on nous a interdit de paraître en quelque lieu que ce fût »

La situation s’envenime et débouche sur des violences physiques massives de la part de la foule, avant que les magistrats n’interviennent pour incarcérer les chrétiens :

« Les sévices innombrables que leur infligeait la foule entière, ils les supportèrent généreusement : ils furent insultés, frappés, traînés par terre, pillés, lapidés, emprisonnés ensemble... » « Ensuite, ils furent amenés au forum [...] interrogés devant tout le peuple, ils firent profession de leur foi ; puis ils furent enfermés dans la prison jusqu’à l’arrivée du légat. »

 

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L’engrenage des arrestations et les fausses accusations

Le légat (gouverneur) ordonne des recherches systématiques au mépris des règles habituelles. Lors des interrogatoires, les esclaves non convertis, terrorisés par la torture, profèrent de calomnieuses accusations (cannibalisme, inceste) qui font basculer l’opinion générale :

« Chaque jour on arrêtait ceux qui en étaient dignes, pour compléter le nombre des martyrs. » Les esclaves chargèrent leurs maîtres de faire « ce qu’il ne nous est pas permis de dire ni même d’imaginer ».

Certains chrétiens courageux, comme Vettius Epagathus, tentent de prendre leur défense en affirmant qu’il n’y avait chez nous ni athéisme ni impiété, mais ils sont immédiatement arrêtés à leur tour.

La résistance face aux supplices et la mort de Pothin

« Toute la colère de la foule, aussi bien que celle du gouverneur et des soldats, se concentra sans mesure sur Sanctus, le diacre de Vienne, et sur Maturus, tout nouvellement baptisé mais généreux athlète ; sur Attale, originaire de Pergame, qui avait toujours été la colonne et le soutien de ceux d'ici ; et enfin sur Blandine » mais les trois précités résistent aux tortures, y compris la fragile esclave Blandine.

Parallèlement, les conditions de détention sont fatales aux plus faibles. L’évêque Pothin, nonagénaire, meurt en prison après avoir été lynché lors de sa comparution :

« Il fut alors emmené et traîné sans pitié ; il souffrit toutes sortes de coups [...] Il respirait à peine quand il fut jeté dans la prison et, après deux jours, il rendit l’âme. »

Le jugement final et les exécutions à l’Amphithéâtre

Le gouverneur consulte l’empereur Marc Aurèle, qui applique la règle stricte : la mort pour ceux qui persistent, la liberté pour ceux qui renient (« il fallait mettre les uns à la torture, mais libérer ceux qui renieraient »).

Le dénouement tragique est organisé comme un spectacle théâtral lors des grandes fêtes du culte fédéral des Trois Gaules :

« Le gouverneur fit avancer les bienheureux au tribunal d’une manière théâtrale, pour les donner en spectacle aux foules. » « À ceux qui lui semblèrent posséder le droit de cité romaine, il fit couper la tête ; les autres, il les envoya aux bêtes. »

  • Maturus et Sanctus sont égorgés dans l’arène.

  • Le médecin Alexandre et Attale sont jetés aux bêtes.

  • Blandine, après avoir vu mourir le jeune Ponticus, est suppliciée la dernière.

L’acharnement final

Pour priver les chrétiens de sépulture, les autorités font disparaître les restes des quarante-sept martyrs :

« Les corps des martyrs furent donc exposés et laissés en plein air durant six jours ; ensuite, ils furent brûlés et réduits en cendres par les pervers qui les jetèrent dans le fleuve du Rhône ».

Rufin d'Aquilée au début du Vème siècle en même temps que l'Histoire, recopiée dans les martyrologes, et parvint à la connaissance de Grégoire de Tours. Elle a été patiemment reconstituée en 1921 par Dom H. Quentin, par recoupements à partir de différents manuscrits. Elle comporte 48 noms, correspondant à 47 personnes, Vettius étant également nommée Zacharie. Comme l'indique Eusèbe, elle liste ces personnes selon le sort qu'elles ont connu :

décapités : 22 martyrs, mode d'exécution correspondant à leur qualité de citoyen romain dont onze femmes : Vettius Epaghatus également nommé Zacharie, Macaire, Alcibiade, Silvius, Primus, Ulpius, Vital, Comminus, Octobre, Philomène, Geminus, Julie, Albine, Grata, Rogata, Émilie, Potamia, Pompée, Rodana, Biblis, Quartia, Materne, Elpis

mis à mort dans l'arène : six personnes, cinq hommes, deux en juin et quatre en août, Sanctus, Maturus, Attale, Alexandre et Ponticus, et une femme, Blandine

mort en prison : 18 personnes, dont dix femmes : Pothin, Aristée, Corneille, Zosime, Tite, Jules, Zotique, Apollon, Geminien, Julie, Ausone, Émilie, Jamnique, Pompée, Domna, Juste, Trophime et Antonie

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Cet épisode est retenu comme l’événement fondateur du christianisme de la Gaule romaine. À ce titre, il est souvent le seul événement signalé dans les versions résumées de l’Histoire de France, entre Vercingétorix et les grandes invasions.

 

On fête les Martyrs de Lyon le 2 juin.

 

Sources :

Wikipédia

 

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