Sainte Odile
Sainte Odile ou Odile de Hohenbourg est née vers 660 peut-être à Obernai (Bas-Rhin), elle est morte en 720 à Hohenbourg, Dame de l'époque mérovingienne, fille du duc Etichon-Adalric d'Alsace, fondatrice et abbesse du monastère de Hohenbourg, sur l'actuel mont Sainte-Odile en Alsace.
L'enfant mal aimée
Un texte anonyme latin écrit peu avant 950 raconte la vie d'Odile, mais cette Vita Odiliae est une composition hagiographique d'une autorité discutable. Les informations biographiques sûres sont donc limitées.
Odile est la fille d'Etichon-Adalric, duc d'Alsace, mort en 690, et de son épouse Berswinde qui, selon la Chronique d’Ebersheimense, est la fille d'une sœur de saint Léger, évêque d'Autun, et la sœur de la reine franque Chimnechilde. Son père Adalric, qui attendait un héritier mâle, se montre d’abord déçu puis intraitable quand il découvre que l’enfant est aveugle et décide qu’elle doit mourir. Sa mère réussit toutefois à la confier provisoirement à une nourrice pour la soustraire à son époux, mais l'enfant doit être éloigné davantage pour échapper au danger : Berswinde la confie donc à une tante vivant au monastère de Palma (aujourd’hui Baume-les-Dames).
La fillette est protégée et élevée religieusement, mais sans baptême. Alors qu'elle a atteint l'âge de quinze ans, l'évêque Erhard d'Ardagh, du Comté de Longford en Irlande, tandis qu’il parcourt la Rhénanie, a une vision dans laquelle Dieu lui ordonne de se rendre à Baume-les-Dames afin de procéder au baptême d’une jeune fille aveugle, ce qu'il fait quelques jours plus tard. Au moment où il touche les yeux de la jeune fille avec l'huile sainte, elle recouvre la vue. C'est alors qu'elle reçoit le nom d'Odile (en latin Odilia), qui signifierait selon la légende « lumière de Dieu » (l'étymologie acceptée aujourd'hui est différente pour le prénom Odile et dériverait de "od" signifiant prospérité, richesse en germanique).

Tandis que le miracle, qui pourtant fait grand bruit, ne réussit pas à faire fléchir son père Adalric, la jeune Odile se consacre pleinement aux différents aspects de la vie monacale. Un jour, en accueillant des pèlerins, elle apprend qu’elle a une sœur et quatre frères dont Hugues, lequel va l’aider à revenir auprès de sa famille. Quelques semaines plus tard, loin de se réjouir de revoir sa fille et très mécontent de la manœuvre de son fils, le père s’emporte au point de le tuer d’un coup de sceptre sur la tête. Sa mort laisse trois fils en bas âge, dont Remigius, le futur évêque de Strasbourg. Très vite, le père est pris de profonds remords et se repent en acceptant que sa fille reste vivre dans une dépendance du château.
Monastère du mont Sainte-Odile
Là, elle mène une vie humble, dévouée aux pauvres et aux malades. Ses prières, notamment pour son père, finissent par porter leurs fruits et elle est réintégrée à la famille. Petit à petit, son père la comprend mieux et accepte de l’aider à poursuivre sa destinée religieuse. Il décide même de lui céder son château de Hohenbourg, qu'elle transforme en couvent féminin sur le modèle qu’elle a connu au monastère de Palma. Le succès est au rendez-vous et des jeunes femmes affluent, dont sa jeune sœur et les trois filles de l’un de ses frères. Odile dote l’édifice de deux chapelles, l’une consacrée à la vierge Marie et l’autre à Saint Jean-Baptiste. Si le lieu est favorable à la dévotion, il n’est pas aisé pour l’accueil et le soin des plus faibles et des plus âgés. Les bâtiments étant construits sur une montagne, beaucoup de fidèles, notamment les malades, ont du mal à y accéder. Aussi Odile fit-elle construire pour eux un second établissement appelé Niedermünster, c'est-à-dire le « monastère d'en bas ».

Miracles et fin de vie
Ses parents ayant fini par résider auprès d’elle dans une dépendance et après que le duc a partagé son domaine entre ses enfants — employant une bonne partie de son argent aux différents aménagements de l’abbaye, hospice compris, ils s’éteignent tous deux à neuf jours d’intervalle.
Après avoir vécu et manifesté plusieurs miracles dont certains de guérisons (baiser curatif à un lépreux, protection imprévue dans une paroi rocheuse, source jaillissante abreuvant un moribond... ), Odile intercède durant cinq jours pour son père qu’elle finit par voir dans une vision quitter le purgatoire pour rejoindre la béatitude du paradis.
Elle meurt le 13 décembre 720 ou 722. En plus du recueillement des sœurs, nombre de personnes croyantes et secourues viennent vénérer son corps une semaine durant.
Quand Charles IV, l’empereur du Saint-Empire romain germanique, fait ouvrir sa sépulture pour y prélever une relique pour la cathédrale Saint-Guy de Prague, le corps de la sainte est intacte.
En novembre 1793, pour les protéger des révolutionnaires, les reliques sont secrètement emmenées et cachées à Ottrott. Lorsque les révolutionnaires arrivent dans le monastère, en août 1794, ils brisent le sarcophage mais n'y trouvent aucun ossement. Les reliques sont ramenées dans le monastère du mont Sainte-Odile seulement en octobre 1800.



Elle sera canonisée par le pape Léon IX, autour de l’an 1000. En 1946, sainte Odile est proclamée « sainte patronne de l'Alsace » par le pape Pie XII. Elle est également sainte patronne des non-voyants et des malvoyants. L'Église catholique la fête le 14 décembre. En 2020, le diocèse de Strasbourg a organisé un Grand Jubilé pour les 1 300 ans de la mort de sainte Odile.
Sources :

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