Un éclairage sur la thaumaturgie
Qu’est-ce que la thaumaturgie ?
Le mot trouve sa racine dans le grec thauma qui signifie prodige et ergon qui veut dire œuvre, le thaumaturge est donc une personne capable de faire des prodiges de l’ordre de la guérison. Un saint est appelé thaumaturge lorsqu’il guérit miraculeusement quelqu’un. Le thaumaturge le plus connu est évidemment Jésus Christ
Jésus thaumaturge
Parmi les très nombreuses figures de Jésus, la plus évidente et la plus frappante, celle du thaumaturge.
Son activité de guérison attirait des foules, selon le témoignage unanime des évangiles. Il est rapporté un bien plus grand nombre de miracles de Jésus que de n'importe quel rabbi au 1er siècle. Aucun de ces types de miracles évoqués n'est inconnu de la littérature gréco-romaine ou des écrits juifs. Les Romains avaient leurs guérisseurs, comme Apollonios de Tyane (16-v 97), et les Juifs, leurs rabbis thaumaturges, comme Honi haMe'aguel, le traceur de cercle, ou Hanina ben Dossa, qui vécurent tous deux au Ier siècle.
Cinq types de miracles lui sont attribués : des guérisons (allant jusqu'à la réanimation de morts), des exorcismes, des prodiges (multiplication des pains), des actions sur la nature. Bertrand Méheust, dans son ouvrage « Jésus thaumaturge », en s'appuyant sur le corpus des sciences psychiques, s'emploie méthodiquement à explorer toute cette dimension souvent négligée. Son enquête minutieuse nous replonge au cœur d'un mystère qui continue d'interroger notre temps et nous invite à nous interroger sur l'homme, sur la nature, sur l'histoire des sociétés.
Corps et âmes
Guérir était alors un geste religieux. Dans la mentalité juive, la maladie a partie liée avec le péché ; elle constitue la sanction divine des fautes humaines, si bien que guérir consiste autant à restaurer la santé qu'à restituer à l'humain sa pureté et à le réintégrer socialement. Mais si l'ouverture au miraculeux est grande dans la culture antique, le déchiffrement du miracle tient entièrement au sens qu'on lui donne. Jamais le pouvoir de faire des miracles n'est contesté à Jésus par ses interlocuteurs.
L'originalité des miracles évangéliques tient pourtant au fait que Jésus refuse qu'on les lui attribue. Les guérisons ne sont pas seulement l'effet de la compassion de Dieu, dont il se fait le vecteur ; elles sont l'effet du pouvoir de Dieu qui prend possession de l'humanité.

Anselm Grün a également écrit à ce sujet : Jésus thérapeute, la force libératrice des paraboles, éditions Salvator, 2011, dans lequel il présente Jésus comme un thérapeute spirituel et psychologique et les paroles de celui-ci comme des outils thérapeutiques au-delà d’être des enseignements religieux. La rencontre avec Jésus est un chemin de guérison puisqu’elle transforme la vie et reconstruit l’identité intérieure de ceux qui vont à Lui.
Les saints thaumaturges, intercesseur de Dieu
Dans la Bible, on retrouve également les prophètes Élie et Élisée, ainsi que saint Pierre et saint Paul.
De nombreux saints sont considérés comme thaumaturges car ayant obtenus la miraculeuse guérison de nombreuses personnes, de leur vivant ou après leur mort comme saint Martin de Porrès au 16ème siècle ou plus récemment Padre Pio. Les saints thaumaturges n’ont pas de “pouvoirs magiques”. Ils parviennent à guérir des malades par un don de Dieu. Ils accomplissent la volonté divine. C’est pourquoi, on parle souvent “d’intercession”. Un malade est guéri par l’intercession d’un saint grâce à Dieu, et non pas par le saint lui-même.
Certains saints sont considérés comme thaumaturges mais ne guérissent pas forcément ceux qui les prient.
L’Église catholique a officiellement reconnu comme thaumaturges de nombreux saints, comme par exemple :
Sainte Apolline, invoquée contre les maux de dents,
Sainte Cécile de Rome, invoquée contre les maladies des yeux,
Sainte Colombe, invoquée pour lutter contre les fièvres,
Sainte Odile, invoquée pour les problèmes de vue ou
Saint Martin de tours, invoqué contre les rhumatismes.
Les rois de France thaumaturges ?
En France, les rois étaient tous considérés comme thaumaturges, capables de guérir les écrouelles (maladie d’origine tuberculeuse) par le simple toucher, en prononçant cette phrase “Le Roi te touche, Dieu te guérit”. En 1722, Louis XV est sacré à Reims et modifie quelque peu cette phrase. La formule devient “le Roi te touche, Dieu te guérisse”. L’utilisation du subjonctif atténue le pouvoir du roi. Cela rappelle que seul le Seigneur Dieu guérit et que le roi n’est qu’un potentiel intermédiaire.
Ce n’était pas seulement après le sacre et dans les occasions rares, que les rois remplissaient cette pieuse obligation. Louis XI touchait les malades une fois la semaine ; et nous apprenons de Claude de Seyssel, historien de Louis XII, que ce prince dévot et catholique sans « hypocrisie ni simulation, qui se réconciliait avec Dieu par confession (...) sept ou huit fois l’an, usait en même temps de la grâce (...) de guérir les écrouelles, ainsi qu’avaient fait les autres rois de France, ses prédécesseurs. » (Histoire singulière du roi Louis douzième). Le toucher des écrouelles ne survivra pas en France au sacre de Louis XVI.
Des croyances similaires étaient présentes en Angleterre, en Espagne, en Hongrie et dans le Pacifique. Le roi thaumaturge le plus connu est certainement saint Louis

Sources :
Méheust, Bertrand, Jésus Thaumaturge, enquête sur l’homme et ses miracles, Interéditions, 2015.


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